Dans un climat régional de plus en plus tendu, l'attaque israélienne contre des cibles iraniennes soulève une question stratégique : quelle sera la position du Hezbollah, principal allié militaire de l'Iran au Liban ? La réponse reste incertaine, mais plusieurs signaux indiquent une probable retenue du mouvement chiite, affaibli par une période délicate et placé sous pression par les autorités libanaises. Une période de repli stratégique pour le Hezbollah Depuis plusieurs mois, le Hezbollah traverse une phase complexe. Marqué par des exécutions de ses généraux et leaders importantes, des tensions internes et un isolement croissant sur la scène régionale, le mouvement dirigé historiquement par Hassan Nasrallah a opté récemment pour un retrait partiel et stratégique de ses activités militaires offensives, notamment sur le front sud libanais. Cette décision stratégique s'est accompagnée d'un processus de réorganisation interne, visant à renforcer ses bases, restructurer ses effectifs et rétablir une discipline mise à mal par les derniers affrontements. L'exécution de Hassan Nasrallah a également fragilisé l'organisation, créant un vide politique et opérationnel à sa tête. Une mise en garde claire de l'Etat libanais Dans la foulée de l'escalade israélo-iranienne, le gouvernement libanais a réagi avec fermeté, appelant le Hezbollah à ne pas s'engager dans cette guerre. Les autorités de Beyrouth ont insisté sur la nécessité de préserver la stabilité du Liban, déjà miné par une crise économique sans précédent, des tensions sociales aiguës, et une paralysie institutionnelle persistante. « Le Liban ne peut pas se permettre une nouvelle guerre », a déclaré un haut responsable libanais sous couvert d'anonymat. Ce message vise à éviter une extension du conflit sur le territoire libanais, qui a déjà été le théâtre de multiples confrontations entre le Hezbollah et Israël au cours des dernières décennies. Une implication peu probable, sauf escalade majeure Au vu de ces éléments, une intervention du Hezbollah dans la riposte iranienne semble peu probable dans l'immédiat. Le mouvement ne disposerait ni de la marge politique intérieure, ni des moyens militaires suffisants pour ouvrir un second front contre Israël, surtout dans un contexte où ses capacités logistiques ont été affaiblies. Toutefois, un basculement n'est pas à exclure si la situation évolue vers une escalade régionale incontrôlée ou si les intérêts vitaux de l'axe chiite sont directement menacés. Dans ce scénario, le Hezbollah pourrait être contraint de réagir, probablement par sa position géographique et avec des attaques de drones ou missiles à partir du sol Libanais, pour aider l'Iran. Une position encore floue mais surveillée de près Pour l'heure, le silence du Hezbollah peut être interprété comme une prudente attente. Ni déclaration officielle, ni mouvement militaire majeur n'a été observé depuis l'attaque israélienne. Mais dans un contexte aussi volatil, la moindre étincelle pourrait raviver un front dormant. La communauté internationale, tout comme les observateurs libanais, reste donc en alerte. La position du Hezbollah pourrait évoluer dans les heures ou les jours à venir, en fonction de l'évolution de la guerre, des réactions iraniennes et de la pression populaire ou régionale. À suivre… Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!