L'administration du président américain Donald Trump a accordé un nouveau délai à 36 pays, dont 25 situés en Afrique, pour renforcer le contrôle sur les documents de voyage de leurs ressortissants. Faute de coopération dans un délai de 60 jours, ces Etats risquent de faire l'objet de restrictions d'entrée sur le territoire américain, à l'instar des douze pays déjà inclus dans une liste noire. L'information, révélée par l'agence Associated Press (AP), s'appuie sur une note diplomatique confidentielle émise par le département d'Etat américain. Cette dernière ordonne aux ambassades et consulats américains concernés de sonder la capacité de ces pays à améliorer la fiabilité de leurs passeports et à traiter la situation de leurs ressortissants vivant illégalement aux Etats-Unis. Une menace de bannissement à court terme Selon cette note, les gouvernements ciblés doivent fournir une réponse avant mercredi. Passé ce délai, une période d'observation de 60 jours sera appliquée. À l'issue de cette période, un manquement aux exigences fixées pourrait entraîner leur ajout à la liste des pays soumis à des restrictions de voyage. La note met l'accent sur deux exigences principales : la mise à niveau des documents de voyage, et la coopération en matière de rapatriement des ressortissants en situation irrégulière. À défaut, les pays en infraction pourraient se voir imposer des mesures similaires à celles du fameux « Muslim Ban », mis en place sous le mandat de Trump. La diplomatie américaine reste prudente Interrogée par AP, la porte-parole du département d'Etat, Tami Bruce, s'est refusée à commenter le contenu de la note diplomatique. Elle a toutefois confirmé que les Etats-Unis cherchent à renforcer le contrôle des passeports et à obtenir une coopération accrue des pays étrangers dans le processus de rapatriement, dans une logique de protection de la sécurité nationale. Les 36 pays ciblés : une forte majorité africaine Parmi les pays ayant reçu ce sérieux avertissement figurent : Afrique (25 pays) : Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, République du Congo démocratique, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Côte d'Ivoire, Liberia, Malawi, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sao Tomé-et-Principe, Soudan du Sud, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe. Asie et Pacifique : Bhoutan, Cambodge, Kirghizistan, Syrie, Tonga, Tuvalu, Vanuatu. Caraïbes : Antigua-et-Barbuda, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, République dominicaine. La Tunisie, bien que concernée dans d'autres contextes migratoires, ne figure pas sur cette liste. Vers une politique migratoire plus stricte ? Cette initiative reflète une tendance de plus en plus marquée à Washington vers un durcissement de la politique migratoire, même après le départ de Donald Trump. Les observateurs y voient un signal clair adressé aux pays en développement : ceux-ci doivent assumer une plus grande responsabilité dans la gestion de leurs flux migratoires s'ils veulent maintenir des relations stables avec les Etats-Unis. À suivre, les réactions diplomatiques des pays concernés ainsi que les éventuelles mesures de conformité qu'ils seront prêts à engager pour éviter des sanctions qui pourraient impacter des milliers de leurs citoyens. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!