Le conflit militaire opposant Israël à l'Iran entre dans son septième jour avec une montée significative des tensions. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir lancé une nouvelle série de frappes « combinées » impliquant des missiles balistiques et plus de 100 drones offensifs et suicides visant des installations militaires à Haïfa et Tel-Aviv. L'Iran affirme que les attaques continueront de s'intensifier progressivement. De son côté, l'armée israélienne a confirmé l'utilisation par l'Iran d'un missile à ogives multiples, une première qui pose un défi inédit pour les systèmes de défense israéliens. Un tir aurait notamment visé la région de Goush Dan, avec un missile composé de plusieurs sous-munitions. Selon des sources militaires citées par la presse israélienne, le missile utilisé récemment par l'Iran serait un Khorramshahr, capable de transporter plus d'une tonne d'explosifs — bien plus puissant que le Shahab-3. Une frappe aurait d'ailleurs endommagé le centre hospitalier Soroka, poussant Tsahal à annoncer des représailles massives. Le programme nucléaire au cœur des tensions La question du site nucléaire de Fordo, à l'abri dans une montagne iranienne, cristallise les inquiétudes. Le président américain Donald Trump a déclaré ne pas avoir encore pris de décision finale sur une intervention militaire, préférant, selon ses mots, « réfléchir jusqu'à la dernière minute ». Toutefois, la Maison Blanche estime que l'Iran est aujourd'hui plus proche que jamais de posséder une arme nucléaire. Une source américaine a confirmé à Fox News que les bombes anti-bunker américaines pourraient neutraliser le site de Fordo, mais Washington temporise : la priorité est donnée à une solution diplomatique, bien que Trump se dise prêt à recourir à la force si nécessaire. L'AIEA, par la voix de son directeur Rafael Grossi, a assuré suivre de près la situation. Il a exprimé sa volonté de continuer les inspections dès que les conditions de sécurité le permettront et a appelé à protéger les installations nucléaires civiles. L'axe Téhéran-Beyrouth s'active, Washington hésite Le Hezbollah libanais, par la voix de son secrétaire général, a déclaré soutenir pleinement l'Iran dans cette guerre, refusant de rester neutre. Sur le plan international, le ministre belge des Affaires étrangères a mis en garde contre un embrasement régional, appelant à la retenue. Par ailleurs, les Etats-Unis auraient demandé à Israël de différer une éventuelle frappe contre Fordo, selon des sources israéliennes. L'ambivalence de Washington se confirme : Trump multiplie les signaux diplomatiques tout en maintenant la pression militaire. Le général Mohsen Rezai, ancien commandant du CGRI, a indiqué que tout le stock de matières nucléaires enrichies a été déplacé vers des sites sécurisés. En parallèle, le général Majid Khadami a été nommé à la tête du renseignement du CGRI, un changement stratégique majeur dans la chaîne de commandement. La position européenne et les avertissements diplomatiques Selon The Telegraph, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont averti les Etats-Unis des risques d'une attaque contre des détenus occidentaux en Iran, en cas d'intervention directe. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz aurait exprimé son soutien à la campagne israélienne tout en plaidant pour un règlement diplomatique. Malgré l'intensité des frappes iraniennes, l'armée israélienne affirme avoir détruit les deux tiers des plateformes de lancement de missiles iraniens et intercepté plus de 95 % des drones ennemis menaçant l'espace aérien israélien. Vers un basculement régional incontrôlable ? L'entrée en scène des missiles balistiques lourds à ogives multiples et l'usage massif de drones kamikazes marquent une évolution qualitative dans la guerre Israël-Iran. Pour la première fois, la doctrine de dissuasion iranienne s'appuie sur une capacité offensive directe contre le territoire israélien, avec un objectif clairement assumé : saturer les défenses du Dôme de fer et provoquer des dégâts stratégiques. La prudence américaine, teintée d'ambiguïté, semble s'expliquer par un double impératif : éviter une escalade régionale incontrôlable tout en préservant l'avantage militaire sur le nucléaire iranien. Le site de Fordo, bunkerisé et difficile à frapper, devient ainsi un point de bascule. Toute attaque sur cette cible risquerait de sceller l'entrée des Etats-Unis dans la guerre, avec des répercussions globales. Enfin, le soutien affirmé du Hezbollah pourrait ouvrir un second front au nord d'Israël, compliquant davantage l'équation. L'ensemble de ces facteurs place la région à la lisière d'un conflit régional total, dans un contexte où la dissuasion classique semble céder le pas à une nouvelle ère d'affrontements asymétriques et technologiques. 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