Le conflit israélo-iranien entre dans son huitième jour avec une intensification notable des frappes du côté iranien. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a annoncé une nouvelle vague d'attaques combinées impliquant missiles balistiques et drones, visant exclusivement des cibles militaires. Plus de 100 drones kamikazes et offensifs sont mobilisés, selon les autorités iraniennes. Parmi les frappes les plus marquantes de la journée, un missile à têtes multiples, d'un poids supérieur à 300 kg, a directement touché la ville de Be'er Sheva, dans le sud d'Israël, causant 18 blessés, selon les médias israéliens. La police locale évoque d'importants dégâts matériels dans des immeubles d'habitation, des véhicules et des infrastructures civiles. Cible prioritaire : le parc technologique de Be'er Sheva L'attaque a visé la Gav-Yam Negev Tech Park, un centre stratégique abritant des entreprises de pointe comme IBM, PayPal, Dell et CyberArk, ainsi que des unités militaires spécialisées dans la cybersécurité. Ce parc est également adjacent à l'Université Ben-Gourion et l'hôpital Soroka, qui a accueilli 7 blessés évacués dans la panique lors du bombardement. Une source sécuritaire israélienne, relayée par Channel 12, confirme que le missile iranien transportait une charge explosive suffisamment puissante pour ébranler le périmètre entier, y compris des unités de l'armée chargées de la cyberdéfense (C4I). Un incendie s'est également déclaré à proximité des bureaux de Microsoft, selon CNN. Réaction israélienne : riposte directe sur Téhéran En riposte, l'armée israélienne affirme avoir mené une série de frappes nocturnes sur plusieurs installations à Téhéran, incluant des centres de production de missiles, des objectifs militaires sensibles ainsi qu'un site associé à la recherche nucléaire. Israël a également ciblé et éliminé un haut responsable militaire iranien, selon ses propres canaux, et détruit trois rampes de lancement de missiles prêtes à l'usage. Ces attaques auraient précédé de quelques heures le tir du missile iranien sur Be'er Sheva. Trump ménage le suspense sur une intervention militaire À Washington, l'incertitude persiste. Le président Donald Trump a déclaré qu'il n'avait pas encore tranché sur une implication militaire directe. « Je préfère décider à la dernière minute », a-t-il lancé. La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a précisé qu'un choix stratégique sera arrêté d'ici deux semaines. Cette hésitation américaine alimente l'inquiétude à Tel-Aviv, où les autorités redoutent un désengagement prolongé de leur principal allié. Selon Yediot Aharonot, Israël craignait une décision rapide de Trump dans les 48 heures. Elle devra désormais attendre. Tensions diplomatiques : Moscou et Islamabad montent le ton Depuis Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a mis en garde contre toute tentative de changement de régime en Iran. Il a qualifié de « dangereuses et irresponsables » les spéculations sur une éventuelle élimination du guide suprême Ali Khamenei, affirmant que cela déclencherait une radicalisation intérieure et une crise régionale majeure. De son côté, le Pakistan, voisin de l'Iran, a exprimé ses craintes concernant une possible déstabilisation de ses frontières face à un éventuel effondrement du pouvoir iranien. Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir a mis en garde contre l'exploitation de cette situation par des groupes séparatistes. Bilan humain et arrestations en Iran Selon une ONG américaine de défense des droits de l'homme, les frappes israéliennes en Iran ont fait 657 morts et 2 037 blessés en une semaine, dont 263 civils. L'organisation rapporte aussi la mort de 164 membres des forces de sécurité. Par ailleurs, la police iranienne à Khuzestan a annoncé l'arrestation d'un agent présumé du Mossad et de quatre partisans dans la ville de Masjed Soleyman, accusés de propager des rumeurs, filmer des sites sensibles et inciter aux émeutes. Une guerre coûteuse pour Israël Selon le Wall Street Journal, le conflit avec l'Iran coûte plusieurs centaines de millions de dollars par jour à Israël. La seule défense antimissile (interceptions, batteries de Dôme de Fer, etc.) coûterait jusqu'à 200 millions de dollars par jour, accentuant la pression économique sur l'Etat hébreu. Les frappes iraniennes en Israel ont fait 24 morts et des centaines de blessés en une semaine. La censure de l'armée israélienne empêche la presse internationale d'avoir les vrais chiffres. Vers un basculement régional ? Ce huitième jour marque une escalade qualitative du conflit. Le recours par l'Iran à des missiles à têtes multiples sur des zones cybernétiques et technologiques clés indique une volonté de déstabiliser les capacités numériques et stratégiques israéliennes. Le mutisme relatif des Etats-Unis contraste avec leur posture traditionnelle, ce qui pourrait modifier les équilibres de pouvoir dans la région. Une non-intervention militaire de Washington serait perçue par Téhéran comme une fenêtre d'opportunité, renforçant le front chiite autour de l'Iran, de la Syrie et du Hezbollah. Toutefois, un basculement américain entraînerait une escalade généralisée, avec des répercussions sur le marché pétrolier (déjà en hausse pour la troisième semaine consécutive) et sur la sécurité mondiale, notamment si les sites nucléaires comme Fordo deviennent des cibles. Ainsi, le conflit entre l'Iran et Israël devient le point de cristallisation géopolitique le plus sensible de 2025. Le monde retient son souffle en attendant le choix final de Washington. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!