Dans les premières heures de l'aube ce dimanche, le président américain Donald Trump a annoncé, via un post sur la plateforme « Truth Social », que les Etats-Unis avaient mené une frappe aérienne contre trois installations nucléaires iraniennes : Fordo, Natanz et Ispahan. Dans une publication suivante, il a affirmé que « le site de Fordo est terminé ». Cette annonce intervient quelques jours seulement après des déclarations affirmant que Trump prendrait une décision sur la question nucléaire iranienne « dans les deux semaines ». Tout comme la première frappe israélienne, menée par surprise en plein territoire iranien, l'attaque américaine s'est déroulée de manière fulgurante, frappant au cœur du programme nucléaire iranien. La B-2 Spirit : une arme stratégique sans équivalent Selon plusieurs sources militaires, la frappe a été exécutée par des bombardiers furtifs B-2 Spirit, l'un des avions les plus avancés de l'arsenal américain. Dotée de capacités de dissimulation radar exceptionnelles et d'une autonomie longue distance, la B-2 est capable de transporter des bombes lourdes comme la GBU-57 – conçue pour percer les structures les plus renforcées – voire des ogives nucléaires. Conçue pour des missions de dissuasion stratégique, la B-2 est un appareil silencieux, capable de survoler de vastes zones sans être détecté, même par les systèmes de défense les plus modernes. Elle a été utilisée dans des conflits majeurs, notamment au Kosovo, en Irak, en Afghanistan, en Syrie et, aujourd'hui, contre l'Iran. Pourquoi Fordo ? Parmi les cibles annoncées, le site de Fordo revêt une importance particulière. Cette installation souterraine est l'une des plus sécurisées au monde. Située à environ 95 km au sud-ouest de Téhéran, elle est enfouie à plus de 80 mètres sous une montagne rocheuse, protégée par plusieurs couches de béton armé et d'acier. Fordo abrite deux grandes salles d'enrichissement équipées de quelque 3 000 centrifugeuses. Des systèmes de défense aérienne, des radars, des brouilleurs électroniques et une surveillance constante la rendent pratiquement invulnérable à une attaque conventionnelle. Une seule bombe possible : la GBU-57 La seule munition connue capable de frapper une cible aussi profondément enterrée est la GBU-57 Massive Ordnance Penetrator (MOP), une bombe de 14 tonnes, capable de percer jusqu'à 60 mètres de béton armé ou 12 mètres de roche. Seule la B-2 est en mesure de transporter cette arme. L'opération exige également un brouillage massif des défenses iraniennes, des frappes préliminaires pour affaiblir les couches de surface, puis une frappe principale d'une précision chirurgicale. Les limites des frappes israéliennes Les premières frappes israéliennes, bien que médiatisées, semblent avoir échoué à détruire totalement les installations souterraines. Selon le Washington Post, des sites comme Natanz et Fordo ont été endommagés mais pas neutralisés. Des images satellites ont révélé que les centrifugeuses enterrées à Natanz, par exemple, n'ont pas été touchées. C'est ce constat d'échec relatif qui aurait poussé Israël à exiger une intervention directe de Washington. Une doctrine en mutation : du précédent irakien à la réalité iranienne Depuis des décennies, Israël applique la doctrine Begin, qui consiste à frapper toute tentative d'un pays hostile d'acquérir l'arme nucléaire. Cette doctrine a été utilisée contre le réacteur irakien Osirak en 1981, puis contre le site syrien d'Al-Kibar en 2007. Mais le cas iranien est fondamentalement différent : installations dispersées, profondément enfouies, et protégées par une infrastructure scientifique et technologique robuste. Détruire ce programme par voie aérienne relève désormais du défi stratégique. Après la frappe : escalade ou point final ? La question cruciale reste de savoir si cette frappe marque le début d'une nouvelle escalade ou le point culminant d'une confrontation. Trump a appelé à « la paix maintenant », tandis que l'Iran, pour l'heure, évalue les dégâts et garde le silence sur sa réponse. Les prochaines heures seront décisives. Soit Téhéran opte pour la riposte et entraîne la région dans une spirale de guerre ouverte, soit elle choisit la désescalade face à un rapport de force bouleversé. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!