C'est l'information que cherchent les USA et Israël, et tous les satellites braqués sur les sites nucléaires de Natanz, Fordo et Ispahan. Que reste-t-il du programme iranien agité comme un épouvantail par Benjamin Netanyahu, justifiant les tonnes de bombes larguées dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin ? Le président Donald Trump, qui a donné l'ultime ordre de faire feu, s'est enthousiasmé en tweetant que sa puissante armée a « tapé dans le mille » et que « Fordo a disparu« . Le secrétaire à la Défense s'est enhardi dans les mêmes termes devant les médias, en parlant de programme nucléaire iranien « dévasté ». Le chef d'Etat-major de l'armée américaine a été plus nuancé en parlant de «dommages et des destructions extrêmement graves». New York Times a passé à la loupe les images satellites… C'est le site d'enrichissement de Fordo qui a été le plus visé, avec pas moins de 12 bombes de 13,6 tonnes chacune. Le journal américain rapporte des changements nettement perceptibles dans les clichés sur le sol. Les impacts décelés sont probablement des points d'entrée pour les bombes anti-bunker américaines. L'analyse des photos montre que les Américains ont tiré principalement sur deux structures qui pourraient être des puits de ventilation. Toutefois un haut responsable américain a fait savoir que le bombardement sur le site de Fordo n'avait pas pulvérisé l'installation fortement fortifiée, il a ajouté que même une douzaine de bombes anti-bunker ne pourraient pas pulvériser le site. Le deuxième site visé est celui de Natanz, le plus grand centre d'enrichissement d'uranium d'Iran. Là l'armée américaine a lâché 2 bombes GBU-57 et des missiles de croisière… Les tirs auraient endommagé les halls d'enrichissement souterrains du complexe, comme le montrent deux cratères au-dessus de ce qui est supposé être le coeur du site. Cet endroit avait déjà été ciblé par l'aviation israélienne. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait indiqué 3 jours après les frappes que l'infrastructure électrique de la centrale et les centrifugeuses avaient probablement été impactées. Enfin il y a Ispahan, également bombardé par l'armée américaine. Les bâtiment stockent du combustible nucléaire de qualité proche de la bombe atomique. Les dommages en surface ne certifient pas que ce combustible ait subi des dégâts majeurs. Des inspecteurs internationaux avaient visité les réserves la veille, mais certains responsables iraniens ont murmuré que le produit a pu être déménagé avant l'attaque américaine. D'ailleurs des photos satellites montrent une file de camions très énigmatiques… Si effectivement le programme nucléaire iranien a été touché cela pourrait paralyser tout le système durant plusieurs années, ce qu'Israël et les USA espèrent ardemment. Reste à savoir si le doute est suffisamment épais pour que Trump, courroucé par un éventuel demi-échec, donne l'ordre d'intervenir de nouveau. Ce qui est certain c'est que peu après les bombardements un proche de l'Ayatollah Ali Khamenei a claironné que l'uranium enrichi et les stocks avaient déjà été transférés. Dans la même journée d'hier le ministre français de la Défense a dit qu'il est illusoire de penser que les bombes, aussi puissantes soient-elles, sont capables de démolir le programme nucléaire iranien. Le président Emmanuel Macron a dit dans la foulée que seule la négociation peut convaincre les Iraniens de renoncer à leurs ambitions dans le nucléaire militaire. Donc à en croire ce haut responsable américain ce serait une petite victoire pour Paris, un revers pour Trump… D'autant plus que ce dernier avait offensé les Européens en disant publiquement qu'ils ne sont d'aucune utilité dans ce dossier et que Téhéran veut parler à Washington. Quelques heures après il donne l'ordre de bombarder les sites iraniens. C'est ça que le républicain appelle la diplomatie. Il a trop fréquenté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le secrétaire américain à la Défense s'était vanté du fait que ses bombardiers et chasseurs avaient pénétré l'espace aérien iranien, largué leurs bombes et étaient ressortis sans être repérés par la défense anti-aérienne. L'effet de surprise a été totale. Il y a de fortes chances que l'accueil des Iraniens soit plus bruyant si les USA décident de revenir pour achever le travail. Mais quoi qu'il en soit, comme l'a dit un responsable iranien, les bombes ne tueront pas le savoir-faire en matière de nucléaire… L'Iran, dont la recherche scientifique et les formations d'ingénieur sont florissantes (en témoigne le nombre de brevets déposés et de prix internationaux décernés), aura certes du mal à cheminer vers l'arme atomique après les frappes américaines mais si les autorités le décident rien ne les empêchera de toucher leur but à terme. Il se dit que les scientifiques qui ont été assassinés par les Israéliens ont été vite remplacés et d'autres têtes auraient été exfiltrées vers la Russie le temps que les choses se tassent. Comme l'a dit la France seule la table des négociations, que Trump a désertée par la faute de Netanyahu, a les clés de cette affaire, et certainement pas la force.
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