La République islamique d'Iran a exécuté, ce mercredi, trois personnes accusées d'espionnage au profit d'Israël, selon un rapport de la revue américaine Newsweek. Ces exécutions portent à six le nombre total de personnes mises à mort pour des faits de renseignement depuis la fin de la récente guerre entre Téhéran et Tel-Aviv. D'après les médias officiels iraniens, les trois condamnés auraient participé à la contrebande d'équipements servant à des assassinats ciblés, ainsi qu'à des actions de sabotage contre des infrastructures stratégiques du pays. Les autorités affirment que ces actes ont permis à Israël de mener des frappes de haute précision à l'intérieur du territoire iranien. Une répression massive après la guerre Cette nouvelle série d'exécutions s'inscrit dans une campagne sécuritaire d'envergure, lancée après le cessez-le-feu qui a mis fin à près de deux semaines d'intenses frappes croisées entre l'Iran et Israël en juin 2025. Selon la presse iranienne, plus de 700 personnes ont été arrêtées en douze jours, soupçonnées d'être impliquées dans des activités d'espionnage ou de collaboration avec l'ennemi. Téhéran affirme que plusieurs attaques israéliennes n'auraient été possibles que grâce à l'aide d'agents locaux – souvent formés à l'étranger et en contact via des applications chiffrées ou des cryptomonnaies. Le Mossad aurait ainsi pu frapper des installations militaires, nucléaires et scientifiques avec une précision inédite. Parmi les accusés figure un nombre important de personnes issues de minorités ethniques, notamment kurdes et azéries, vivant près des frontières occidentales et nord-ouest de l'Iran. Le gouvernement iranien accuse les services israéliens d'exploiter la précarité économique et la connaissance du terrain de ces populations pour les recruter. Selon des sources citées par l'agence Fars, certains des espions présumés ont reçu une formation logistique et militaire dans des pays tiers, dont la Géorgie et le Népal, dans le cadre de missions organisées par le renseignement israélien. Des accusations envers la diaspora et les groupes dissidents Téhéran ne se limite pas aux agents sur son sol : les Iraniens de la diaspora, ainsi que des mouvements dissidents en exil sympathisants d'Israël, sont également accusés d'avoir fourni un soutien logistique, financier et technologique aux opérations de renseignement israéliennes. Les organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, ont vivement critiqué ce qu'elles qualifient de répression de masse. Elles alertent sur l'usage de la guerre comme prétexte pour intensifier la répression intérieure, dénonçant des aveux extorqués, l'absence de procès équitables et le recours systématique à la peine de mort. Ces ONG appellent à des enquêtes indépendantes et à une supervision judiciaire transparente. Ainsi, alors que le calme est revenu sur le plan militaire, la guerre de l'ombre se poursuit en Iran. Entre exécutions, arrestations massives et surveillance renforcée, le régime cherche à réaffirmer son contrôle et à dissuader toute collaboration avec des puissances étrangères, notamment Israël. Mais cette stratégie, combinée à une restriction accrue des libertés fondamentales, alimente les critiques sur la dérive autoritaire du pouvoir. L'équilibre entre sécurité nationale et respect des droits humains reste, plus que jamais, au cœur des tensions internes en Iran. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!