Une rencontre diplomatique à forte portée symbolique et culturelle s'est tenue le 30 juin 2025 à Paris entre l'ambassadeur de Tunisie en France, Dhia Khaled, et la présidente-directrice du musée du Louvre, Laurence des Cars. À l'ordre du jour : les perspectives de coopération tuniso-française dans le domaine de la conservation, de la valorisation et de la transmission du patrimoine historique. Cette réunion, tenue dans un contexte où les enjeux de préservation du patrimoine prennent une importance croissante, a permis aux deux parties d'examiner un programme d'action spécifique pour la période à venir, selon un communiqué diplomatique. La rencontre a été l'occasion de renforcer les passerelles culturelles entre la Tunisie et la France, deux pays liés par une longue histoire d'échanges artistiques et scientifiques dans le domaine du patrimoine. L'ambassadeur Dhia Khaled a salué le rôle du Louvre dans la coopération muséale internationale et a exprimé l'intérêt de la Tunisie à approfondir cette relation stratégique. De son côté, Laurence des Cars, première femme à diriger le Louvre depuis sa création, a réaffirmé l'ouverture de l'institution à la collaboration avec les pays du bassin méditerranéen, mettant en avant le potentiel exceptionnel du patrimoine tunisien, tant sur le plan archéologique qu'artistique. Un programme d'action en préparation Sans en dévoiler encore les contours exacts, les deux parties ont abordé la mise en place d'un programme structuré d'échanges techniques et scientifiques dans les domaines suivants : * Restauration des œuvres et des objets anciens, * Formation des professionnels tunisiens de la conservation, * Organisation d'expositions conjointes, * Soutien à la numérisation des archives et inventaires muséaux. Ce programme, qui devrait être finalisé dans les mois à venir, pourrait s'articuler autour d'actions concrètes impliquant notamment l'Institut National du Patrimoine (INP), les musées tunisiens majeurs (Carthage, Sousse, El Jem, Bardo) et plusieurs institutions de recherche françaises. Ce rapprochement institutionnel s'inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition de la diplomatie culturelle tunisienne, qui entend faire du patrimoine un levier d'influence, de rayonnement et de développement durable. La Tunisie, riche d'un héritage plurimillénaire mêlant civilisations punique, romaine, arabe, andalouse et ottomane, dispose d'un potentiel muséal et archéologique unique. Toutefois, les défis en matière de conservation, de sécurité et de médiation culturelle restent importants, et nécessitent des partenariats de haut niveau. Analyse : un partenariat gagnant sur plusieurs axes Cette initiative présente plusieurs dimensions stratégiques notables : 1. Renforcement de la diplomatie d'influence En s'associant à un acteur culturel de premier plan comme le Louvre, la Tunisie renforce sa visibilité sur la scène internationale. Ce type de partenariat valorise son identité culturelle et l'inscrit dans les réseaux mondiaux du patrimoine. 2. Montée en compétences des institutions tunisiennes L'accès à l'expertise française, notamment en matière de conservation préventive, de numérisation ou de scénographie muséale, contribuera à élever les standards techniques et professionnels des musées tunisiens, et à limiter la dépendance à l'assistance étrangère. 3. Attractivité touristique et économique Une meilleure valorisation du patrimoine peut servir la relance du tourisme culturel, particulièrement auprès des visiteurs européens en quête d'expériences authentiques. Elle peut aussi favoriser le mécénat et les investissements étrangers dans les filières du patrimoine et de la création. 4. Préfiguration d'un dialogue sur la restitution Bien que non mentionné explicitement, ce rapprochement pourrait aussi ouvrir la voie à des discussions sensibles sur les œuvres d'origine tunisienne présentes dans les musées français, dans un cadre coopératif, scientifique et apaisé. En somme, cette coopération entre l'ambassade de Tunisie et le Louvre dépasse la simple logique d'échange institutionnel. Elle s'inscrit dans une vision prospective : faire du patrimoine un outil stratégique de souveraineté, de développement et de rayonnement. Reste à traduire cette volonté commune en projets concrets, visibles et durables. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!