Le boomerasking, en mots simples Vous y avez sans doute déjà été confronté.e, voire vous l'avez pratiqué vous-même sans le savoir. Le terme « boomerasking » n'a rien à voir avec les baby-boomers : il est issu de la fusion entre « boomerang » et le verbe anglais ask (« demander »). Le boomerasking désigne une situation où une personne pose une question à quelqu'un… puis répond elle-même à sa propre question, généralement juste après que son interlocuteur ait commencé à répondre. Comme si elle n'était pas vraiment intéressée par la réponse de l'autre, mais utilisait la question comme prétexte pour parler d'elle-même. Exemple : – Personne A : Quels sont tes projets pour cet été ? – Personne B : Pas grand-chose, je pense rester à la maison. – Personne A : Ah nous, on va faire un voyage en Italie ! Je n'y suis jamais allé, je suis super excité. La personne A a donc posé une question pour ensuite s'auto-répondre, sans rebondir sur ce qu'a dit la personne B. C'est exactement cela, le boomerasking. Les trois formes de boomerasking 1. Le boomerasking pour se vanter Ce type de question permet surtout à la personne de mettre en avant ses réussites. Elle demande, par exemple : Tu as eu combien à ton examen ? – puis, sans transition, annonce fièrement qu'elle a eu la meilleure note de la classe. 2. Le boomerasking pour se plaindre Là, la question sert d'introduction à une plainte. Un collègue vous demande ce que vous pensez d'un autre salarié, puis commence immédiatement à le critiquer longuement après votre réponse. 3. Le boomerasking pour partager une info neutre C'est plus subtil : la personne demande par exemple combien vous avez de frères et sœurs, et enchaîne immédiatement en disant qu'elle a deux sœurs. L'échange reste informatif, mais centré sur elle-même. Pourquoi est-ce un problème ? Selon une étude publiée dans le Journal of Experimental Psychology: General, les personnes qui pratiquent régulièrement le boomerasking pensent souvent laisser une bonne impression. Mais en réalité, ce comportement est perçu comme égocentrique. Cela donne l'impression que l'interlocuteur n'est pas vraiment intéressé par ce que l'autre a à dire. Il veut juste parler de lui, ce qui peut rendre l'échange désagréable. On préfère, en général, des personnes plus directes et sincères, qui n'ont pas besoin de poser de fausses questions pour parler d'elles. Conclusion : vers une communication plus authentique Poser une question dans une conversation devrait être un acte d'ouverture, pas une ruse pour parler de soi. Le boomerasking rompt l'équilibre du dialogue et peut nuire à la qualité de l'échange. Pour éviter de tomber dans ce piège, mieux vaut être sincère : si vous voulez partager quelque chose, faites-le sans détour, et si vous posez une question, soyez réellement à l'écoute. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!