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À Londres, l'appel pressant à agir contre l'islamophobie met la mairie sous pression
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

L'islamophobie serait-elle le grand angle mort de la lutte contre les discriminations à Londres ? C'est ce que dénonce Hina Bokhari, élue du Parti libéral-démocrate à l'Assemblée de Londres et première femme issue d'une minorité ethnique à diriger un groupe politique au sein de cette institution.
Malgré les engagements répétés du maire Sadiq Khan, aucune formation spécifique à l'islamophobie n'a encore été mise en place pour les personnels du Grand Londres Authority (GLA), déplore-t-elle.
L'élue, elle-même musulmane, témoigne avoir été la cible d'insultes racistes à répétition : « On m'a déjà dit dans un train de rentrer chez moi, que je n'étais pas la bienvenue, que je n'étais pas britannique. » Une banalisation croissante de la haine anti-musulmane qui, selon elle, atteint un seuil critique, notamment après les émeutes de l'été dernier et les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient.
Des promesses, mais peu d'actions concrètes
En réponse à ces alertes, un porte-parole de Sadiq Khan rappelle que des formations obligatoires contre le racisme, les préjugés et les biais inconscients sont bien en place au sein de la GLA. Le maire aurait également investi 15,9 millions de livres sterling pour lutter contre toutes formes de haine, dont l'islamophobie, via le Shared Endeavour Fund, touchant plusieurs dizaines de milliers de jeunes Londoniens.
Mais pour Hina Bokhari, ces mesures restent trop générales : « Il n'y a toujours pas eu de formation dédiée à l'islamophobie, ni par la GLA, ni par la police métropolitaine, ni par les pompiers de Londres. » Or, insiste-t-elle, cette carence est grave : « Pour beaucoup de musulmans à Londres, ce n'est pas une perception ou un débat politique : c'est une question de sécurité réelle et immédiate. »
Des chiffres en décalage avec la réalité vécue
Les statistiques officielles de la Metropolitan Police montrent une baisse globale de 16 % des crimes haineux en 2024 (22 300 infractions), dont une baisse de 2 % des crimes islamophobes (1 350 cas enregistrés).
Mais les chiffres d'organisations indépendantes, comme Tell Mama, brossent un tableau plus sombre : cette dernière a recensé 6 313 incidents anti-musulmans en 2024, soit une hausse de 43 % par rapport à 2023. Et surtout, les agressions physiques et les insultes dans l'espace public ont bondi de 72 % en deux ans.
Selon Iman Atta, directrice de l'organisation, la sous-déclaration auprès de la police est un facteur explicatif : « Les victimes préfèrent souvent nous contacter directement, en toute confidentialité. »
Un contexte tendu, des attaques banalisées
La montée de l'islamophobie serait exacerbée par plusieurs événements récents : les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas, les représailles à Gaza, mais aussi la diffusion de fausses informations sur l'auteur du triple meurtre de jeunes filles à Southport, qui ont déclenché des émeutes.
Hina Bokhari évoque même une période où elle n'osait pas quitter son domicile, de peur d'être agressée dans la rue en raison de sa foi ou de sa couleur de peau.
Elle a également été insultée lors de permanences publiques ou à la gare de London Bridge : « Une femme m'a crié dessus que tous les musulmans devraient mourir », déclare-t-elle. « Ce genre de propos devient tellement normalisé que les gens se sentent autorisés à vous le dire en face. »
Des formations pour comprendre et prévenir
Paradoxalement, après les événements d'octobre, Hina Bokhari indique avoir suivi avec profit une formation sur l'antisémitisme. Elle appelle désormais à l'égalité de traitement : « Comprendre ce que vit une personne juive m'a beaucoup appris. Nous avons besoin de la même chose pour les musulmans. »
Face à cette demande, la mairie rappelle que le maire Sadiq Khan a œuvré à créer des ponts entre communautés musulmane et juive, et que la lutte contre toutes les formes de haine reste une priorité.
Mais Bokhari insiste : « Ce n'est pas parce que le maire est musulman qu'il doit agir. C'est parce qu'il est maire. » Elle estime que seule une politique active de sensibilisation, et une formation obligatoire sur l'islamophobie, permettra de faire reculer ce fléau.
Analyse : la faille d'un modèle multiculturel en crise
L'affaire Bokhari souligne un paradoxe : Londres, ville souvent érigée en exemple de diversité et de tolérance, peine à traiter l'islamophobie avec la même rigueur que d'autres formes de haine. Cette asymétrie perçue mine la confiance d'une partie de la population musulmane, qui représente environ 15 % des habitants de la capitale.
Le silence relatif des institutions face aux appels répétés à des formations ciblées illustre une forme de déni structurel. Cela met en lumière une limite du modèle d'intégration britannique : tolérant dans les principes, mais peu réactif face aux discriminations spécifiques.
À l'heure où la polarisation identitaire s'accentue et où la désinformation amplifie les tensions intercommunautaires, l'inaction peut coûter cher. Non seulement en termes de sécurité, mais aussi de cohésion sociale, de participation démocratique, et de confiance envers les institutions.
Les autorités londoniennes, y compris la GLA, doivent désormais répondre à une question cruciale : veulent-elles se contenter d'un discours universaliste ou adopter une approche inclusive et ciblée, capable de répondre aux réalités propres à chaque communauté ?
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