Le groupe Cevital, le plus puissant dans le secteur privé en Algérie, est dans le viseur des autorités depuis des années. Après les dérapages de son fondateur Issad Rebrab, qui lui avaient valu 8 mois de prison en 2019 et une interdiction totale de gérer, le gouvernement s'était emparé de la moitié des avoirs du patron, ce qui avait fait fondre l'immense fortune familiale. Les Rebrab ont à nouveau des ennuis et pas des moindres... Le fils aîné, Omar, comme le papa, a été frappé d'interdiction formelle de gérer ou exercer toute activité commerciale. La justice s'est abattue sur le magnat de l'agroalimentaire mercredi dernier, Omar Rebrab n'a plus le droit de faire des transactions commerciales dans le pays. La sanction a été confirmée par une note officielle datée du 9 juillet 2025, signée par la Banque d'Algérie et transmise aux directeurs généraux des banques. Le document, portant le numéro 2025/506, dit clairement que toute opération bancaire menée par Omar Rebrab doit être suspendue jusqu'à nouvel ordre, conformément à la décision du juge d'instruction en charge de la Chambre 3 du Pôle pénal économique et financier du tribunal d'Alger, actée le 3 juillet 2025... En d'autres termes Issad Rebrab est contraint d'écarter son fils des affaires de Cevital, ce qui impactera lourdement les activités des filiales qu'il pilotait directement ou dans les lesquelles il était associé aux prises de décision. C'est le dernier développement d'une kyrielle de déboires financiers qui font les gros titres depuis 2022. Les recettes du groupe se sont fortement érodées, passant de 5,1 milliards de dollars en 2022 à 3 milliards en 2025, soit une baisse de 40% en 2 ans. Assis sur 26 filiales et quelque 18 000 employés, Cevital s'active dans plusieurs secteurs phares, notamment l'agroalimentaire, l'électroménager et la logistique. Monté en 1998 par Issad Rebrab, le groupe Cevital a vite eu un rôle pivot dans l'économie algérienne et un statut de leader africain dans l'agro-industrie. Ses unités produisent chaque année 450 000 tonnes d'huiles, soit 140% des besoins du marché national, et 2 millions de tonnes de sucre blanc, dont des volumes sont exportés vers l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient. En 2014 Cevital s'est même payé le luxe de racheter le ténor français de l'électroménager Brandt et a bâti une usine à Sétif dont la capacité de production est de 8 millions d'appareils par an, 90% sont dédiés à l'exportation. Par ailleurs le groupe a investi massivement dans la logistique portuaire à Béjaïa et dans le transport par le biais de sa filiale "Numilog"... Bref, les Rebrab c'est du lourd. Enfin, ça c'était avant que la machine se grippe. L'interdiction frappant le fils aîné est un coup dur de plus dont le puissant groupe se remettra difficilement. Cette mauvaise nouvelle s'ajoute à la baisse drastique des revenus et à une conjoncture économique âpre. Comment retrouver le cap du fleuron de secteur privé après tout ça ? C'est l'avenir du plus grand groupe privé algérien qui se joue ici mais également le sort de pans entiers de l'économie nationale. Les Rebrab devront convoquer tout leur génie pour se tirer de ce mauvais pas. Ils devront se réinventer pour survivre à ces coups durs.
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