Le gouvernement mauricien a exprimé ce vendredi sa préoccupation face à une affaire de licenciement discriminatoire impliquant le cabinet juridique ENSafrica Mauritius. Deux anciennes employées affirment avoir été congédiées pour avoir porté le voile islamique (hijab) sur leur lieu de travail, suscitant une vive réaction des autorités. Selon un communiqué officiel, le Conseil des ministres a pris connaissance du dossier, qui a été signalé au ministère du Travail et des Relations industrielles en début de semaine. L'affaire a été transmise à l'Employment Relations Tribunal (ERT), lequel devra statuer sur la possibilité de réintégrer les deux plaignantes dans leurs fonctions. Une plainte pour discrimination religieuse ? Les deux femmes, qui ont officiellement déposé plainte lundi auprès du ministère du Travail, estiment avoir été ciblées en raison de leur choix vestimentaire religieux. Elles évoquent des actes de discrimination sur la base du port du voile, ce que l'ancien employeur réfute. Dans leurs lettres de licenciement, ENSafrica Mauritius invoque des motifs d'insubordination, de diffusion d'informations erronées et de troubles causés au sein de l'entreprise. Des justifications que les ex-employées jugent infondées et révélatrices d'une dérive discriminatoire. Une réponse politique et législative Le gouvernement ne s'est pas contenté de renvoyer l'affaire devant la juridiction compétente. Le Conseil des ministres a annoncé qu'il étudiait la possibilité de poursuites contre le cabinet concerné, tout en préparant des propositions d'amendements législatifs visant à renforcer la protection contre les discriminations religieuses en milieu professionnel. Cette affaire intervient dans un contexte où la laïcité, les libertés individuelles et la diversité religieuse sont des valeurs fondamentales à l'île Maurice, pays multiconfessionnel. Elle soulève des interrogations sur les limites du droit des employeurs et la liberté d'expression religieuse des salariés. Le verdict de l'Employment Relations Tribunal sera scruté de près, tant pour son impact juridique que pour le signal qu'il enverra aux employeurs sur le respect des droits fondamentaux dans le cadre professionnel. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!