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On veut leur voler leur enfance
Projet de Nabil Awadhi de hijab pour les mineures
Publié dans Le Temps le 01 - 02 - 2013

◗ «Nabil Al Awadhi, le leader du projet ‘'Nour Yaktamil'' pour l'incitation du port du hijab est venu entre autres pour le lancement d'un programme de mémorisation du Noble Coran» confie Abdessalem Al Gayed l'hôte du cheikh koweïtien
Nabil Al Awadhi a le vent en poupe paraît-il. Le prédicateur koweitien défraie la chronique depuis le 25 janvier, date de son arrivée en Tunisie, pays où le vent wahabbite souffle depuis maintenant deux ans.
La visite de l'invité de marque du chef du cabinet du président de la République et du ministre des Affaires religieuses et de bien d'autres personnalités nahdhaouies, n'est pas passée inaperçue et n'a pas non plus fait l'unanimité. Les raisons d'une visite pas comme les autres.
Cheikh Nabil Al Awadhi a quitté la Tunisie hier, en fin de matinée. Il a été accompagné par Abdessalem Al Gayed le président de l'association qui l'a convié pour animer entre autres une série de conférences. Le fondateur du ‘'Centre de la bienfaisance et des œuvres de charité'' s'indigne de la campagne de dénigrement dont était l'objet son invité, le prédicateur Nabil Al Awadhi. « Je ne comprends pas pourquoi les journalistes se sont empressés de relever la question du Hijab alors que le cheikh Awadhi est venu pour d'autres projets relevant notamment de l'apprentissage du Noble Coran baptisé ‘'pour un million de personnes qui mémorisent le Coran''. C'est un programme qui touche tous les musulmans quelles que soient leurs obédiences. ». Et comment peut-on expliquer la question du Hijab des mineures pour lequel prêche Nabil Awadhi ? « Je tiens à préciser que les fillettes objet de cette polémique n'ont pas été voilées par Cheikh Awadhi. Ce sont des adeptes de l'école coranique et leurs parents qui sont leurs tuteurs ont eu l'initiative de les faire porter le foulard islamique. » répond le président du ‘'Centre de la bienfaisance et des œuvres de charité'' qui ajoute que Nabil Awadhi a animé par ailleurs une série de conférences.

Un projet pour l'incitation au port du Hijab
Quant au programme Nour Al Hijab (Lumières du voile) dit aussi ‘'Nour Yaktamil'', Abdessalem Ben Gayed explique qu'il a été expérimenté au Koweit, au Qatar et au Bahrein. Il s'agit d'un programme ayant trait au port du Hijab. « En Tunisie le projet n'a pas encore abouti. Car cela requiert beaucoup de paperasse administrative et bien entendu l'aval des institutions gouvernementales concernées.
Cela consiste à convaincre les femmes à porter le Hijab et non pas à les en obliger. Celles qui s'abstiennent sont libres de le faire. » avance notre interlocuteur. La Fatwa qui incite au port du Hijab par les mineures a été, en effet, formulée dans la foulée de ce programme. Et puis aussi on aurait compris, par ailleurs, les raisons qui font accourir un Imed Deymi vers l'aéroport de Tunis de Carthage pour recevoir l'invité de ‘'marque'' de l'Etat au salon d'honneur. Le ministre des Affaires religieuses s'est empressé à son tour pour recevoir le Cheikh...
« L'enfer attend tous ceux qui auront raison du Hijab, Messieurs dames. »
Une question nous brûle les lèvres pourtant : il est vrai que le port du voile est une obligation majeure en Islam, longtemps taxé de rétrograde par une politique laïcisante adoptée depuis l'indépendance, mais est-ce une raison valable qui fait de la question du voile une préoccupation de l'Etat tunisien ? Celui-ci n'est-il pas plutôt attelé à garantir les raisons d'une vie digne pour toute Tunisienne ? Cette fois ce seraient les raisons d'un agenda venu d'ailleurs qui ont pris le dessus sur la Raison d'Etat.

Ce qu'en pensent des femmes conservatrices

Me Farida Laâbidi, présidente de la commission ‘'Droits et Libertés'' à l'ANC
La photo des fillettes aux petites frimousses cachées en partie par le voile, a choqué et scandalisé plus d'un étant donné que l'Islam ne prescrit en aucun cas le Hijab aux enfants. Les adeptes d'une école coranique accueillaient le cheikh koweitien Nabil Al Awadhi qui prêche pour le port du voile par les mineures. Nous avons posé la question à des femmes conservatrices qui ont réagi à ce fait différemment.
Me Farida Laâbidi, représentante nahdhaouie et présidente de la commission ‘'Droits et Libertés'' à l'Assemblée nationale constituante. « C'est un faux-problème. Car l'ancien régime a développé des clichés sur le Hijab qui ont aujourd'hui une influence directe sur la perception de la femme voilée par notre société. »
« C'est un faux-problème. Car l'ancien régime a développé des clichés sur le Hijab qui ont aujourd'hui une influence directe sur la perception de la femme voilée par notre société. Certains tunisiens sont choqués par cette photo, parce que la société ne s'est pas encore réconciliée avec le voile. Une femme voilée a toujours été refusée par l'inconscient collectif de quelques couches sociales. Ces enfants qui portent le hijab ne sont qu'un cas isolé. Je crois que leurs parents sont leurs seuls tuteurs et ils peuvent les habiller comme bon leur semble. Mais si vous me dites qu'il s'agit d'une atteinte à l'enfance, il faut alors relever toutes ces atteintes. Pourquoi alors ne pas s'indigner quand on voit des petites filles maquillées ostentatoirement dans des fêtes de mariage ? »

Imène Trigui, présidente de l'Association ‘'Liberté et équité''
« Le Hijab n'est pas une obligation religieuse pour les fillettes.
Et compte tenu du fait que l'Islam n'est pas en rupture avec les droits humains universels, ce fait ne peut être qu'une atteinte aux droits de l'enfant de point de vue religieux. »
« Je ne suis pas en mesure d'analyser des faits que j'ignore. Mais en faisant une petite recherche j'ai lu une déclaration du Cheikh Al Awadhi qui dit qu'il n'est pas venu pour inciter les mineures au Hijab.
Il a dit également que les femmes adultes qui s'abstiennent de porter le voile sont aussi nos sœurs. Je peux, par ailleurs, vous donner mon avis sur la question du port du Hijab par les fillettes qui n'est pas une prescription islamique. Et compte tenu du fait que l'Islam n'est pas en rupture avec les droits humains universels, ce fait ne peut être qu'une atteinte aux droits de l'enfant de point de vue religieux.
Mais je crois que ceux qui s'indignent contre cette question doivent faire autant pour d'autres atteintes aux droits de l'enfant. On doit donc parler de cette question en la considérant dans le système des droits de l'enfant. »


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