En décembre 2024 on évoquait ici même les progrès fulgurants de la marine chinoise, épiée jour et nuit par les satellites américains. Il est encore question de construction navale ce mardi 12 août mais cette fois sur le terrain de la marine marchande. Une affaire de la plus haute importance en plein affrontement commercial entre Washington et Pékin. Le président chinois, Xi Jinping, ne fera aucun cadeau à son homologue américain, Donald Trump… Le républicain vient encore de reculer en décrétant une énième pause de 90 jours sur la majoration des droits de douane. Trump voudrait donner l'impression, pour soigner son image de « Maître de la planète », qu'il a concédé une largesse en direction de la Chine, mais il ne dupe plus personne, ne fait plus illusion. Le monde entier a vu la violence du rapport de force que Washington a imposé à Pékin, ce dernier a tenu, les USA ont fini par flancher. Les cauchemars de l'occupant de la Maison Blanche ne font que commencer, Jinping s'est mis en tête de monter le plus grand constructeur naval du monde et il s'en donne les moyens en fusionnant 2 grosses entreprises. L'opération est certes très onéreuse, la bagatelle de 16 milliards de dollars, mais à l'arrivée ce mastodonte permettra de tasser les coûts de production, de doper la compétitivité et de faire face à Trump dans la guerre commerciale Dès la fin de cette semaine la Chine présentera au monde le plus imposant constructeur naval. Elle s'ouvre un boulevard dans un domaine où les Etats-Unis ne pèsent pas lourd, rappelle le Wall Street Journal. Le nouveau ténor chinois fusionnera la China State Shipbuilding Corporation, laquelle a principalement une vocation commerciale (cargos, navires de pêche, paquebots de croisière, pétroliers...) mais équipe également la marine chinoise avec surtout des navires d'assaut ; l'autre gros morceau est la China Shipbuilding Industry, laquelle a signé le porte-avions chinois de 305 mètres d'envergure, le Shandong. Avant la fusion les deux entreprises captaient 17% du marché mondial, le chiffre de 2024. Avec l'opération Pékin lorgne plus de 530 navires et 54 millions de tonnes de port en lourd (la capacité de chargement totale d'un navire). Le chiffre d'affaires annuel devrait monter à quelque 18 milliards de dollars, sans parler des retombées géopolitiques. Les USA auront beaucoup de mal à suivre la cadence qu'imposera la Chine… D'après l'ONU les navires chinois pesaient plus de la moitié du marché mondial l'an dernier (55%), contre moins de 0,05% pour les Américains. L'US Navy admet que la Chine est dotée d'une capacité de construction 232 fois supérieure à celle des Etats-Unis. Bon, ça ne solutionne pas tout, l'entreprise chinoise Yangzijiang Shipbuiding, installée à Singapour, n'a enregistré que 14 commandes de navire au premier semestre de 2025, contre 126 pour la précédente année. Mais l'important à ce stade est que Pékin a bétonné l'avenir après le coup de massue des droits de douane de Trump sur les bateaux produits en Chine. D'autres marchés très juteux ont émergé et ça Washington ne l'avait pas anticipé. L'administration de Joe Biden a eu raison de dire que Pékin est le seul à avoir les moyens d'imposer aux Américains un nouvel ordre mondial, Jinping le démontre tous les jours. La guerre sans merci déclenchée par Trump a obligé les adversaires à se creuser les méninges, à ce jeu-là les Chinois sont beaucoup plus costauds que tous les autres. Washington en entendra encore parler.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!