Le marché mondial de l'emploi dans le secteur des technologies connaît un tournant majeur. Trois des plus grandes entreprises américaines – Intel, IBM et Google – ont annoncé la suspension temporaire de leurs recrutements pour privilégier l'automatisation grâce à l'intelligence artificielle (IA), un choix qui pourrait transformer radicalement le paysage professionnel de l'IT d'ici cinq ans. Une vague d'automatisation en marche Selon le portail spécialisé WCCFTech, ces entreprises misent désormais sur les réseaux neuronaux et l'automatisation des processus métier pour réduire leurs coûts salariaux. Cette stratégie s'accompagne non seulement d'un gel des embauches, mais aussi de licenciements massifs, souvent remplacés par des outils IA développés en interne. IBM, par exemple, a supprimé près de 8.000 postes en mai 2025, principalement dans les ressources humaines et le support technique, en substituant ces emplois par des solutions basées sur l'IA. Microsoft a suivi la même logique, allant jusqu'à conseiller aux employés licenciés d'utiliser ChatGPT pour rebondir professionnellement. Chiffres clés d'un bouleversement annoncé * 1/3 des postes de back-office chez IBM pourraient disparaître dans les prochaines années, selon son PDG Arvind Krishna. * 10.300 emplois IT supprimés aux Etats-Unis rien qu'en juillet 2025. * 26.500 suppressions depuis le début de l'année dans le secteur technologique américain. * Paradoxe américain : 150.000 informaticiens au chômage alors que 240.000 offres IT restent ouvertes. Un phénomène mondial Cette tendance dépasse le seul cadre américain. Le Forum économique mondial estime que 41 % des entreprises dans le monde, tous secteurs confondus, prévoient de réduire leurs effectifs et d'automatiser les tâches libérées grâce à l'IA. Les programmeurs sont particulièrement touchés, l'IA étant désormais capable de produire du code complet à partir de simples instructions, une pratique connue sous le nom de vibe coding. Vers un nouveau profil d'employés Si certains métiers disparaissent, d'autres émergent. Les entreprises recherchent activement des profils capables de travailler main dans la main avec l'IA, y compris dans des secteurs non technologiques. Le directeur général de GitHub, Thomas Dohmke, a récemment déclaré que les développeurs qui refusent d'utiliser l'IA devraient « changer de métier », illustrant l'ampleur du changement culturel en cours dans l'industrie. Ainsi, le gel des recrutements chez Intel, IBM et Google n'est pas un simple ajustement conjoncturel, mais le signal fort d'une mutation structurelle du marché du travail technologique. L'IA ne se contente plus d'assister les professionnels : elle prend leur place, redéfinissant en profondeur les compétences nécessaires pour rester employable dans un monde numérique en pleine réorganisation. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!