Le patron de Mercedes, Ola Källenius, avertit que l'industrie automobile européenne risque de « s'effondrer » si l'Union européenne maintient l'interdiction de la vente de nouvelles voitures à moteur à combustion à partir de 2035. Dans un entretien accordé au journal économique allemand Handelsblatt, le dirigeant a appelé à un « examen de la réalité », estimant que la transition vers le zéro émission doit se faire de manière « neutre sur le plan technologique » et sans sacrifier l'économie. « Nous devons décarboniser, mais cela doit être fait en gardant en tête la compétitivité », a-t-il insisté. Selon lui, si la mesure est appliquée telle quelle, les consommateurs se rueront sur les modèles essence et diesel avant l'échéance, ce qui « n'aidera pas du tout le climat ». Un marché encore loin des objectifs européens Les chiffres actuels montrent que la vision de Bruxelles reste encore éloignée de la réalité. Au premier semestre 2025, les voitures 100 % électriques ne représentaient que 17,5 % des ventes totales dans l'UE, au Royaume-Uni et dans les pays de l'AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse). Les hybrides rechargeables ne pesaient que 8,7 %, tandis que les hybrides traditionnels — incluant les hybrides légers — atteignaient 35 %. Mercedes elle-même affiche une part modeste de véhicules électrifiés : seulement 8,4 % de ses livraisons mondiales concernaient des modèles entièrement électriques au premier semestre 2025, en recul par rapport aux 9,7 % enregistrés à la même période en 2024. En incluant les hybrides rechargeables, la part monte à 20,1 %. Bien que la mesure doive être réexaminée dans les prochains mois, la Commission européenne a réaffirmé en mars dernier son engagement envers un objectif de 0 g/km d'émissions de CO2 pour toutes les nouvelles voitures vendues à partir de 2035. L'exécutif européen prévoit d'accélérer ses travaux sur la révision du règlement, laissant entrevoir un éventuel ajustement, mais sans remettre fondamentalement en cause la trajectoire. Des pistes de compromis Face aux pressions croissantes des constructeurs et de plusieurs Etats membres, des scénarios intermédiaires émergent : autoriser la vente de certains hybrides rechargeables ou complets au-delà de 2034 pourrait constituer un compromis acceptable pour éviter un choc économique majeur, tout en poursuivant la réduction des émissions. Pour Ola Källenius, qui préside également l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles (ACEA), la priorité est de trouver un équilibre entre impératifs climatiques et survie industrielle : « Sans une adaptation pragmatique, nous allons droit dans le mur ». Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!