L'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson n'a pas mâché ses mots à propos de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska. Dans une tribune publiée ce week-end sur dailymirror, il a qualifié l'événement de « l'épisode le plus vomitif de toute l'histoire sordide de la diplomatie internationale », dénonçant le tapis rouge déroulé au président russe malgré la guerre en Ukraine. Une rencontre « écœurante » selon Johnson Boris Johnson s'est dit choqué de voir Vladimir Poutine accueilli sur le sol américain avec les honneurs, allant jusqu'à monter dans la limousine présidentielle. Il a fustigé « le sourire narquois » du maître du Kremlin, qualifiant ses propos à Anchorage de « mensonges » visant à justifier une guerre déclenchée en 2014 contre un pays qui, selon lui, ne représentait aucune menace pour Moscou. L'ancien Premier ministre britannique a rappelé les souffrances vécues par le peuple ukrainien : « des dizaines de milliers de veuves et d'orphelins », des civils bombardés quotidiennement, des soldats mutilés. Pour Johnson, il est « intolérable » que le président américain ait parlé d'une « relation fantastique » avec un « criminel de guerre » responsable de ces tragédies. Une rencontre « justifiable mais vaine » Malgré ses critiques virulentes, Boris Johnson estime que Donald Trump avait raison de tenter l'exercice diplomatique. Selon lui, les Ukrainiens, horrifiés par la réhabilitation symbolique de Poutine, ont aussi vu dans ce sommet un mince espoir d'un accord de paix qui préserverait la liberté et la souveraineté de leur pays. Cependant, le constat est clair : « Poutine ne veut pas la paix, du moins pas à des conditions acceptables pour les Etats-Unis ou l'Ukraine », écrit Johnson. La rencontre s'est achevée plusieurs heures plus tôt que prévu, sans déjeuner officiel ni accords économiques annoncés, et par une conférence de presse jugée « vide de sens » où Donald Trump n'a répondu à aucune question. La leçon pour Trump Pour Boris Johnson, le mérite de ce sommet est d'avoir confronté Donald Trump à la réalité : « Poutine veut transformer l'Ukraine en Etat vassal de Moscou, tandis que les Ukrainiens veulent simplement rester libres. » Il rappelle que la Russie subit une pression croissante : une économie fragilisée par la guerre, la montée du chômage et de l'inflation, et les effets des sanctions secondaires américaines qui ont poussé l'Inde à réduire ses achats de pétrole russe. Surtout, souligne Johnson, Poutine n'a pas réussi à briser la résistance ukrainienne, malgré des offensives limitées et coûteuses à l'est du pays. Donald Trump, conclut-il, a compris qu'il ne s'agit pas d'une bataille territoriale mais d'une lutte pour la destinée d'un peuple européen. L'échec en Alaska devrait, selon Johnson, renforcer la conviction du président américain que seule une pression accrue sur Moscou pourra mener à une paix durable. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!