La Tunisie connaît un déficit énergétique structurel qui s'accroît d'année en année en raison des fluctuations des coûts d'approvisionnement à l'international et du déclin de l'exploration énergétique qui s'illustre par la baisse du nombre d'entreprises opérant dans le secteur. Ainsi, le pays se trouve à un carrefour critique en matière de maitrise de sa facture énergétique. Evolution de la conjoncture énergétique Au fait les ressources d'énergie primaire se sont situées, selon les dernières données du rapport sur la conjoncture énergétique, publié par l'observatoire national de l'énergie et des mines, à 1.8 mégatonne d'équivalent pétrole (Mtep) à fin juin 2025, enregistrant ainsi une baisse de 8% par rapport à la même période de l'année 2024. Cette baisse est due principalement à la diminution de la production nationale du pétrole brut et du gaz naturel. Les ressources d'énergie primaire restent dominées par la production nationale de pétrole et du gaz qui participent tous les deux à hauteur de 70% de la totalité des ressources d'énergie primaire tandis que la demande d'énergie primaire a enregistré entre fin juin 2025 et fin juin 2024 une hausse de 6%: la demande du gaz naturel a augmenté de 10% et celle des produits pétroliers a enregistré une légère hausse de 1%. Cependant, le déficit de la balance commerciale énergétique est passé de 5577 millions de dinars (MD) à fin juin 2024 à 5188 MD à fin juin 2025, soit une baisse de 7% (en tenant compte de la redevance du gaz algérien exportée). Tout de même, les implications de cette conjoncture sont profondes et soulignent la nécessité d'une réflexion stratégique sur l'avenir énergétique du pays. Des perspectives prometteuses Dans ce contexte, les autorités de tutelle tentent de résoudre le problème du déficit de la balance commerciale par de multiples démarches, notamment en augmentant les investissements dans le secteur des énergies renouvelables dans le but de produire de l'électricité et de réduire les répercussions de l'approvisionnement intensif en carburant et en gaz sur la balance commerciale, qui enregistre des taux de déficit importants depuis des mois. Dernièrement, le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Energie a annoncé la signature d'accords pour mettre en place quatre nouvelles centrales d'énergie renouvelable, d'une capacité totale de plus de 500 mégawatts, qui devraient être opérationnelles d'ici 2027. Les autorités prévoient de produire au moins 5% des besoins en électricité du pays grâce à des projets de production d'énergie solaire. Ces projets permettront de fournir environ 250 000 tonnes de gaz naturel, pour une valeur d'environ 375 millions de dinars par an, parallèlement à l''économie du coût de production de l'électricité pour l'équivalent de 600 millions de dinars par an. Etapes décisives franchies La Tunisie franchit des étapes décisives dans sa transition énergétique en 2025. L'intégration massive des énergies renouvelables, l'optimisation de la consommation énergétique et le développement de la filière hydrogène vert constituent les trois axes structurants de cette transformation. Pour réussir cette métamorphose, le pays doit résoudre plusieurs questions fondamentales : l'intégration technique des énergies intermittentes dans le réseau, l'accès au foncier pour les grandes installations, et la mobilisation des ressources financières nécessaires. Cette équation complexe ne pourra être résolue que par une coordination exemplaire entre institutions publiques, secteur privé et partenaires internationaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!