Un phénomène aussi rare que viral alimente régulièrement les réseaux sociaux : des femmes annoncent un mariage avec elles-mêmes (sologamie)... puis déclarent un "divorce" quelques jours, mois ou un an plus tard. Si ces cérémonies n'ont aucune valeur juridique, elles suscitent un débat mondial sur l'auto-engagement, l'image de soi et la place des normes sociales à l'ère numérique. Les cas emblématiques (2021–2024) * Brésil, 2021 — À São Paulo, la mannequin Cris Galêra organise une cérémonie de sologamie en septembre, avant d'annoncer son "divorce" 90 jours plus tard en expliquant avoir "rencontré quelqu'un". * Argentine, 2023 — L'influenceuse Sofi Maure déclare s'être "mariée avec elle-même" en février, puis annonce vouloir "divorcer" après 24 heures, manière assumée de questionner le rituel et d'attirer l'attention sur la démarche. * Royaume-Uni, 2024 — Suellen Carey, influenceuse brésilienne basée à Londres, affirme "divorcer d'elle-même" environ un an après sa cérémonie de sologamie, bouclant un récit très médiatisé sur ses réseaux. La sologamie relève d'une mise en scène personnelle : il s'agit d'un rituel sans reconnaissance légale. Pas d'acte civil, pas de statut marital, pas de conséquences juridiques en matière de régimes matrimoniaux, d'héritage ou de divorce. Le terme "divorce" utilisé ensuite est lui aussi symbolique : il signifie la clôture d'un récit public, non l'issue d'une procédure devant un tribunal. Pourquoi ces histoires deviennent virales ? * Rareté et surprise : un acte inhabituel déclenche clics et partages. * Narration courte et "cliffhanger" : mariage → retournement → "divorce". * Algorithmes et visuels : robes, cérémonies et vidéos courtes maximisent la portée. * Débat social : empowerment vs narcissisme, liberté individuelle vs valeur des rituels. Les arguments des pour et des contre : * Les partisans y voient un message d'estime de soi, d'autonomie et la possibilité de se promettre des objectifs (prendre soin de soi, poser des limites). * Les critiques dénoncent une spectacularisation de l'intime, un marketing personnel et, parfois, une banalisation du mariage perçu comme institution sociale. Le symbole derrière la sologamie Au-delà du buzz, la sologamie met en scène un pacte intérieur : s'aimer, se respecter, reprendre du pouvoir sur son récit. Elle fonctionne comme un rituel de seuil à l'ère des réseaux — une manière d'affirmer son autonomie et d'explorer d'autres formes d'engagement que le couple. Le "divorce d'avec soi-même", lui, souligne une réalité contemporaine : même l'auto-engagement n'est pas figé ; il évolue avec les aspirations, les rencontres et les contextes de vie. En ce sens, la sologamie questionne nos codes plus qu'elle ne les remplace, révélant une tension moderne entre quête identitaire, expression publique et normes collectives. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!