On a parlé ici même des errements de l'ex-Premier ministre conservateur Rishi Sunak et de sa ministre de l'Intérieur sur le dossier migratoire, eux qui voulaient carrément envoyer tous les demandeurs d'asile vers le Rwanda, un projet hérité de Boris Johnson. La Cour suprême du Royaume-Uni a stoppé net cet infame projet et Sunak a été balayé par les travaillistes lors des dernières législatives. Et bien pour les étrangers ça ne changera rien, ce sera même pire... L'actuel Premier ministre, Keir Starmer, «un homme de gauche» dit-on, a déjà accordé ses violons avec la France pour tarir la source des migrants qui débarquent par la mer de la Manche. D'après le journal "The Guardian" il ira encore plus loin face à la montée des demandes d'asile déposées par des étudiants étrangers après l'expiration de leurs visas. Le Home Office – ministère britannique de l'Intérieur – va écrire directement aux étudiants étrangers dont la durée de séjour a expiré pour leur demander de quitter sans délai le territoire. Près de 130 000 personnes – étudiants et familles – sont concernés. Londres se plaint d'une hausse "alarmante" des demandes d'asile déposées par des expatriés qui ont été admis avec un visa étudiant. Le texte envoyé aux concernés ne laisse aucun doute sur la détermination du gouvernement et les ennuis qui attendent les récalcitrants : "Si vous soumettez une demande d'asile sans fondement, elle sera rapidement et vigoureusement refusée. Toute demande de soutien sera évaluée selon des critères de dénuement. Si vous ne remplissez pas ces critères, vous ne recevrez aucun soutien. Si vous n'avez pas le droit légal de rester au Royaume-Uni, vous devez partir. Si vous ne partez pas, nous vous expulserons", clament les autorités. La décision agite le monde académique. Jo Grady, secrétaire générale du Syndicat des enseignants et chercheurs, dénonce "une attaque contre les étudiants internationaux qui n'a que très peu à voir avec les dépassements de visa et tout à voir avec une tentative d'imiter Reform". Elle soutient que le gouvernement devrait plutôt "faire valoir une Grande-Bretagne accueillante et économiquement forte, dont les étudiants internationaux et un enseignement supérieur de rang mondial sont une partie intégrante". Donc le cap est clairement fixé par Starmer : obstruer la voie de la Manche mais également frapper des sources d'immigration moins spectaculaires et tout aussi importantes que les traversées en mer... L'an dernier 16 000 étudiants ont demandé l'asile à l'expiration de leur visa, soit près de 6 fois plus qu'en 2020. D'après les chiffres officiels ces flux sont aujourd'hui le premier contingent de demandeurs d'asile parmi les titulaires de visas. Certes certaines demandes sont justifiées, mais le gouvernement soupçonne des subterfuges pour camper dans le pays. D'ailleurs Londres a rogné le délai de séjour post-diplôme, il est passé de 2 ans à 18 mois.
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