Washington hausse le ton contre les partenaires de Moscou. Mardi 9 septembre, le président américain Donald Trump a exhorté l'Union européenne à imposer des droits de douane allant jusqu'à 100 % sur les importateurs de pétrole russe, principalement la Chine et l'Inde. Le locataire de la Maison Blanche s'est dit prêt à appliquer les mêmes mesures côté américain, à condition que Bruxelles suive le mouvement. Une pression coordonnée entre Washington et Bruxelles Donald Trump est brièvement intervenu lors d'une réunion entre responsables américains et européens pour pousser l'UE à adopter des tarifs de 50 à 100 % visant les deux plus grands clients du brut russe. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a accueilli à Washington une délégation européenne menée par David O'Sullivan, le « Monsieur sanctions » de Bruxelles, afin de discuter de « mesures fortes contre la Russie ». Selon un responsable américain, la stratégie est claire : « La source de financement de la machine de guerre russe, ce sont les achats de pétrole par la Chine et l'Inde. Si l'on ne s'attaque pas à la source, on ne peut pas arrêter la guerre ». Des sanctions supplémentaires pour affaiblir Moscou Interrogé dimanche à la Maison Blanche, Donald Trump a confirmé être prêt à lancer une nouvelle phase de sanctions contre Moscou. L'objectif affiché : faire chuter les revenus énergétiques de la Russie et forcer Vladimir Poutine à la table des négociations. Scott Bessent a insisté : « Si les Etats-Unis et l'UE s'accordent sur davantage de sanctions, l'économie russe va s'effondrer. Et cela obligera Poutine à négocier ». Pour l'heure, Bruxelles finalise un 19e train de sanctions économiques. Celui-ci cible les intermédiaires, entreprises et pays tiers au cœur des ventes d'hydrocarbures russes, mais n'inclut pas encore de hausse massive des droits de douane. L'UE rappelle qu'elle a cessé d'importer du pétrole russe après l'invasion de l'Ukraine en 2022, à l'exception de la Slovaquie et de la Hongrie, restées dépendantes de ce brut. Pékin et New Delhi au cœur du dispositif Une étude publiée en juin par le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA) à Helsinki a confirmé que la Chine, l'Inde et la Turquie constituent les principaux clients du pétrole russe. Pékin et New Delhi représentent à eux seuls l'essentiel des exportations, compensant largement l'arrêt des flux vers l'Europe. Cette dépendance des revenus pétroliers illustre la bataille économique qui se joue : Washington et Bruxelles veulent frapper à la source le financement russe de la guerre en Ukraine, mais au prix d'un affrontement commercial direct avec deux géants asiatiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!