La 4e édition du Salon africain du commerce intra-africain (IATF 2025), tenue à Alger du 4 au 10 septembre, a dépassé toutes les attentes. Organisé par l'Afreximbank en partenariat avec l'Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf, l'événement a rassemblé 132 pays participants, dont 49 africains et 21 hors d'Afrique. Au total, 2 148 exposants étaient présents (dont 1 923 sur place et 225 en virtuel), attirant plus de 112 000 visiteurs – avec 60 650 en présentiel et 51 000 en ligne. La dimension politique n'a pas manqué : une vingtaine de chefs d'Etat et 41 ministres africains ont participé à ce rendez-vous stratégique. Sous le thème « Gateway to New Opportunities », l'IATF a servi de plateforme pour explorer de nouveaux partenariats commerciaux et industriels. Le montant total des contrats et investissements conclus a atteint 48,3 milliards de dollars, dépassant la cible initiale de 44 milliards et surpassant de 4 milliards le record de l'édition 2023. L'Algérie, grande gagnante du salon Pays hôte, l'Algérie a joué un rôle central dans cette réussite. Les entreprises et institutions algériennes ont signé pour 11 à 11,4 milliards de dollars de contrats, soit près de 23 % du total, en plus de 11,6 milliards supplémentaires d'opportunités identifiées. « Nous avons atteint des résultats sans précédent. L'enjeu désormais est de traduire ces contrats en projets concrets », a déclaré Olusegun Obasanjo, président du Conseil consultatif de l'IATF. L'Algérie s'est imposée comme un hub industriel et énergétique grâce à des accords phares : * 1,2 milliard $ pour la fourniture d'acier par AQS à Shelter Afrique. * 2,5 milliards $ investis par Elsewedy Electric pour créer dix usines d'équipements électriques et énergies renouvelables. * 480 millions $ entre GISB Electric (Algérie) et SOGELUX (Sénégal) pour la distribution de matériel électrique en Afrique de l'Ouest. * 200 millions $ pour un partenariat agro-industriel entre Agrolog (Algérie) et Abarci (Ouganda) dans la transformation du cacao et du café. Ces accords témoignent de l'ambition d'Alger de devenir un acteur clé dans les chaînes de valeur africaines, avec une volonté affirmée de substituer les importations extra-continentales par des produits Made in Africa. Des secteurs stratégiques au cœur des accords L'IATF 2025 a été marqué par des contrats touchant des secteurs variés : * Industrie : près de 3 milliards $ en sidérurgie, ciment, matériaux de construction et produits miniers. * Energie : plus de 3 milliards $ en projets d'équipements électriques et énergies renouvelables. * Agriculture et agro-industries : 2,2 milliards $ d'accords pour sécuriser la chaîne alimentaire et développer la transformation locale. * Technologies et numérique : environ 300 millions $ pour équiper le Nigeria de 2 millions de terminaux de paiement fabriqués en Algérie, en plus de nombreux partenariats start-ups. La Tunisie, une participation remarquée La Tunisie a pris part activement à cette édition avec un pavillon national de 304 m2 regroupant 24 entreprises exportatrices (PME, artisans, start-ups), soutenues par le CEPEX, l'APIE et d'autres institutions. Un Focus Day Tunisie a permis de promouvoir le pays comme plateforme commerciale vers l'Afrique. Plusieurs accords concrets ont été signés : * 10 millions $ : importation de 50 000 tonnes d'urée algérienne par Cactus Trading Company (Tunisie). * Accord stratégique dans l'imprimerie et l'édition : coopération entre la Société maghrébine du papier de pierre (Tunisie) et l'Entreprise algérienne des arts graphiques, incluant la création d'une usine écologique de "papier de pierre" en Algérie. * Partenariats commerciaux : inclusion de la Tunisie dans des contrats d'exportation de Condor (électroménager, électronique), ACS (produits chimiques et emballages, pour un total de 15 M$), et SONAREM (produits miniers). Cette participation a permis aux entreprises tunisiennes d'explorer de nouveaux marchés africains, notamment en Afrique de l'Ouest, tout en renforçant leur coopération avec l'Algérie dans une logique gagnant-gagnant. Un pas de plus vers l'intégration africaine Avec ses 48,3 milliards $ de transactions signées et une mobilisation record d'acteurs politiques et économiques, l'IATF 2025 restera dans l'histoire comme un jalon clé pour l'intégration africaine. L'Algérie en sort renforcée comme moteur industriel et énergétique, tandis que la Tunisie a consolidé ses liens commerciaux et gagné en visibilité. La prochaine édition, prévue en 2027 à Lagos, devra confirmer ces avancées et concrétiser les promesses faites à Alger. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!