Le gouvernement libanais a accordé une licence nationale à starlink pour fournir des services d'accès internet par satellite sur l'ensemble du territoire, une décision présentée comme une étape décisive pour un pays parmi les plus lents au monde en matière de débit. Selon les autorités, un bureau local "starlink lebanon" a été constitué et l'agrément intervient après environ six mois de négociations. Dans une première phase, l'accès sera réservé aux entreprises, avec des forfaits à partir de 100 dollars par mois. Le feu vert précise que la distribution se fera « sur l'ensemble du territoire libanais » via la constellation de satellites en orbite basse opérée par spacex, ce qui doit améliorer la latence et la résilience du réseau face aux coupures d'électricité et aux pannes d'infrastructures terrestres. Les opérateurs publics et affiliés — jusque-là seuls à opérer la connectivité fixe — avaient milité contre l'octroi de cette licence, craignant une érosion de leurs parts de marché. Sur le plan institutionnel, la décision s'inscrit dans une séquence de remise en ordre de la gouvernance sectorielle : lors de la même réunion, le cabinet a nommé les membres des autorités de régulation des télécoms et de l'électricité, en attente depuis plus de vingt ans — un signal attendu par les acteurs privés pour sécuriser investissements et interconnexions. Côté calendrier opérationnel, le décret de licences et d'exploitation doit être finalisé par le ministère des télécommunications avec l'appui de l'autorité de régulation (TRA), afin d'encadrer les modalités techniques, la protection des données, l'utilisation des terminaux et l'intégration dans les réseaux existants. Les coûts d'équipement (kit utilisateur) et l'ouverture aux particuliers n'ont pas encore été communiqués par les autorités. L'impact attendu est multiple : continuité d'activité pour les entreprises (banques, médias, santé, éducation), désenclavement numérique des zones mal desservies et mise en concurrence d'un marché historiquement fermé. Une concurrence inédite pour les opérateurs Starlink offre une connexion Internet par satellite, souvent plus rapide et stable que les réseaux filaires ou mobiles dans les zones rurales ou mal desservies. Cela peut séduire les clients déçus de la qualité de service des opérateurs traditionnels. Pour les télécoms locaux, cela signifie la perte d'un monopole historique sur certaines zones géographiques. L'arrivée de Starlink risque d'entraîner une pression à la baisse sur les tarifs, car les opérateurs devront améliorer leurs offres pour rester compétitifs. Or, dans un secteur où les marges sont déjà fragiles à cause des coûts d'infrastructure élevés et des régulations, cette concurrence peut accentuer leurs difficultés financières. Cependant, les opérateurs peuvent aussi transformer cette menace en opportunité : * en nouant des partenariats avec Starlink pour distribuer ses abonnements ; * en intégrant la connectivité satellite comme solution complémentaire (par exemple pour les entreprises, les zones isolées, ou la continuité de service en cas de coupure réseau). À long terme, cette évolution pourrait forcer les télécoms locaux à accélérer leurs investissements dans la fibre optique et la 5G, pour maintenir leur attractivité face au haut débit satellitaire. Elle pourrait également redéfinir la régulation du secteur, l'Etat devant arbitrer entre ouverture à la concurrence internationale et protection des acteurs locaux. Ainsi, Starlink introduit une nouvelle donne concurrentielle. Si les opérateurs traditionnels ne s'adaptent pas, ils risquent de perdre rapidement une partie de leur clientèle, notamment dans les zones où leur service est jugé insuffisant. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!