L'allocution du président indonésien Prabowo Subianto à l'Assemblée générale des Nations unies a créé la surprise : le chef de l'Etat a clos son discours par une salutation multiconfessionnelle intégrant le mot « shalom », aux côtés d'autres formules de paix issues de traditions différentes. Le geste, hautement symbolique pour l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a été immédiatement interprété comme un signal d'ouverture, alors que Jakarta réaffirme sa position en faveur d'une solution à deux Etats entre Palestiniens et Israéliens. Dans son propos, Prabowo a rappelé la nécessité de garantir la sécurité d'Israël et les droits légitimes du peuple palestinien, soulignant qu'une paix durable passe par une reconnaissance mutuelle et des garanties concrètes. À l'adresse de la communauté internationale, il a défendu une approche pragmatique et inclusive, insistant sur le rôle de médiation que peuvent jouer les grandes nations musulmanes dans une conjoncture marquée par l'enlisement diplomatique. Le message n'était pas un slogan isolé du type « Shalom Israel », mais bien une formule de clôture interreligieuse destinée à embrasser l'universalité des salutations de paix. Ce choix de mots s'inscrit dans une ligne que Jakarta assume depuis des années : soutien constant à la cause palestinienne, refus de la violence contre les civils, et disponibilité à appuyer toute initiative crédible menant à un cessez-le-feu, à la libération des captifs et à la reconstruction. Au plan régional, cette prise de parole nourrit les spéculations sur une évolution graduelle de la diplomatie indonésienne : plusieurs responsables à Jakarta ont laissé entendre que l'établissement de relations formelles avec Israël pourrait être conditionné à des avancées tangibles vers l'Etat palestinien. Ce scénario, encore hypothétique, placerait l'Indonésie dans le camp des pays médiateurs, capables de dialoguer avec toutes les parties sans renier leurs principes fondateurs. Sur le plan intérieur, la séquence a une portée autant politique que sociétale. L'Indonésie abrite une mosaïque religieuse et a fait, depuis des décennies, de la tolérance et du pluralisme des piliers de son récit national. En recourant à des salutations issues de plusieurs traditions, le président a endossé un langage de concorde, jugeant que la diplomatie contemporaine doit conjuguer réalisme stratégique et respect des sensibilités. Reste l'essentiel : les actes. La valeur du signal envoyé par Jakarta dépendra des suites données sur le terrain diplomatique — relances au Conseil de sécurité, coordination avec les pays de l'ASEAN et partenaires arabes, et appui à des garanties de sécurité réciproques. Dans l'immédiat, le geste de Prabowo marque un tournant rhétorique : parler la langue avec Israel, au moment d'un génocide perpétré contre les civils de Gaza ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!