Dans une allocution vidéo devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le président palestinien Mahmoud Abbas a réitéré son appel à un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, ainsi qu'à l'entrée de l'aide humanitaire sans conditions, sous l'égide des agences onusiennes, dont l'UNRWA. Il a dénoncé l'usage du blocus alimentaire comme arme de guerre, et exigé la libération de tous les prisonniers des deux côtés, le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, et la garantie que les habitants de l'enclave ne seront pas déplacés de force. Abbas a également plaidé pour la mise en œuvre d'un plan global de relèvement et de reconstruction à Gaza et en Cisjordanie. Une administration palestinienne unifiée pour Gaza Le président palestinien a souligné que l'Autorité palestinienne doit assumer l'intégralité de ses responsabilités, en commençant par la gestion de Gaza via un comité administratif présidé par un ministre du gouvernement palestinien, en coordination avec la Cisjordanie. Cette démarche, a-t-il insisté, se fera avec le soutien arabe et international, et sous protection des forces palestiniennes agissant sous mandat onusien. Il a affirmé avec force que Gaza est une partie indivisible de la Palestine, et que l'Autorité est prête à assumer pleinement le pouvoir et la sécurité dans l'enclave. En revanche, le Hamas n'aura aucun rôle dans la gouvernance, les factions étant appelées à remettre leurs armes dans le cadre de la construction d'un Etat unifié, régi par une seule loi et disposant d'une seule force de sécurité légitime. Rejet de la colonisation et des plans de déplacement Mahmoud Abbas a réaffirmé son opposition catégorique aux projets de transfert forcé de population, appelant à mettre fin à la colonisation, aux violences des colons et aux confiscations de terres et de biens palestiniens sous couvert d'annexion. Il a également dénoncé les atteintes au statu quo juridique et historique dans les lieux saints, des pratiques qui compromettent, selon lui, la solution à deux Etats à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem. Le président a exigé la restitution des fonds fiscaux palestiniens retenus illégalement par Israël, ainsi que la levée des barrages et du blocus économique imposé aux villes, villages et camps palestiniens. Il a aussi souligné l'importance d'appuyer les réformes nationales et d'organiser des élections présidentielle et législatives dans un délai d'un an après la fin de la guerre. Vers un Etat démocratique moderne Dans ce contexte, Abbas a révélé que la Palestine avait lancé un processus constitutionnel, en confiant à un comité la rédaction d'une constitution intérimaire, dont les travaux devraient être finalisés d'ici trois mois. « Nous voulons un Etat moderne et démocratique, respectueux du droit international, de l'Etat de droit, du pluralisme, de l'alternance pacifique du pouvoir, et garantissant l'égalité, notamment pour les femmes et les jeunes », a-t-il déclaré. Enfin, le président palestinien s'est dit prêt à collaborer avec le président américain Donald Trump, l'Arabie saoudite, la France, l'ONU et l'ensemble des partenaires internationaux, afin de mettre en œuvre la feuille de route pour la paix adoptée lors de la conférence du 22 septembre. Une démarche qui, selon lui, ouvrirait la voie vers une paix juste et durable ainsi qu'à une coopération régionale globale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!