La dynamique internationale autour de la reconnaissance de l'Etat palestinien connaît une accélération sans précédent. Avec l'adhésion récente de la France, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie et du Portugal, ce sont désormais près de 160 pays membres de l'ONU sur 193 qui reconnaissent officiellement le droit du peuple palestinien à un Etat indépendant et souverain. Ce basculement diplomatique intervient alors que l'offensive israélienne sur Gaza, déclenchée le 7 octobre 2023, a provoqué une indignation mondiale et renforcé la pression sur Tel-Aviv. Des poids lourds économiques dans le camp palestinien Fait notable : les pays ayant franchi ce pas ne sont pas uniquement des nations en développement, mais des économies majeures dont les échanges commerciaux avec Israël se chiffrent en milliards de dollars. Cette reconnaissance ajoute une dimension géopolitique et économique nouvelle, susceptible de redéfinir les équilibres dans la région. * Royaume-Uni : avec un PIB de 3,63 trillions $, Londres entretient des échanges de 7,8 milliards $ avec Israël, dont un excédent commercial inédit de 1,08 milliard $ en 2025. Mais la guerre à Gaza a déjà entraîné une baisse de 8,5 % de ces échanges. * France : avec un PIB de 3,16 trillions $, Paris réalise un commerce de 3,2 milliards $ avec Israël, dont un excédent de 390 millions $. La pression politique et sociale croissante pourrait à terme peser sur cette relation. * Canada : PIB de 2,24 trillions $, échanges de 1,3 milliard $ avec Israël, mais un déficit commercial de 634 millions $. Ottawa a déjà imposé quatre séries de sanctions en 2024 et 2025 contre des entités israéliennes liées aux violences en Cisjordanie. * Australie : PIB de 1,75 trillion $, échanges à 806 millions $, avec un déficit de 379 millions $ au profit d'Israël. Canberra a néanmoins choisi de franchir le pas diplomatique. * Espagne : dotée d'un PIB de 1,72 trillion $, Madrid affiche un excédent de 850 millions $ dans ses échanges avec Israël (2,73 milliards $ en 2024). Le pays a déjà imposé un embargo sur les exportations d'armes à Tel-Aviv. * Belgique : avec un PIB de 664,6 milliards $, Bruxelles enregistre un excédent commercial de 1,2 milliard $ sur un total d'échanges de 2,48 milliards $, mais sa reconnaissance de la Palestine traduit un glissement politique marqué. * Portugal : PIB de 308,6 milliards $, échanges limités à 390 millions $, mais excédent de 258 millions $ en faveur de Lisbonne. Le pays a clairement affiché son opposition à la livraison d'armes à Israël. Vers une pression économique accrue sur Israël ? Ces reconnaissances, venant de pays disposant d'un poids économique et d'alliances stratégiques solides, constituent un signal politique fort. Elles pourraient ouvrir la voie à une remise en question des accords commerciaux préférentiels avec Israël, notamment en Europe, et renforcer l'isolement diplomatique de Tel-Aviv. L'impact direct sur les flux commerciaux reste pour l'instant limité, mais la combinaison de la pression politique, des sanctions ciblées et du climat d'opinion mondiale pourrait avoir des répercussions durables sur l'économie israélienne. L'adhésion de ces sept grandes économies à la reconnaissance de la Palestine illustre un basculement historique : le soutien à un Etat palestinien n'est plus seulement symbolique, il devient un levier diplomatique et économique pesant dans les équilibres mondiaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!