Gustavo Petro a dénoncé, vendredi, la décision des Etats-Unis d'annuler son visa, qu'il considère comme une violation flagrante du droit international. Cette mesure intervient après sa participation à une manifestation pro-palestinienne à New York et ses critiques virulentes contre la guerre menée par Israël à Gaza. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Petro a réagi sans détour : « Je n'ai plus de visa pour les Etats-Unis, mais cela ne me dérange pas. Je n'en ai pas besoin. Je ne suis pas seulement citoyen colombien, mais aussi européen. Je me considère comme un homme libre dans ce monde ». Le chef d'Etat a estimé que l'annulation de son visa en raison de sa dénonciation du « génocide » à Gaza illustre le manque de respect de Washington envers le droit international. Un discours enflammé à Manhattan Lors d'un rassemblement pro-palestinien devant le siège des Nations unies, Gustavo Petro a appelé à la formation d'une force armée mondiale dont la priorité serait la libération du peuple palestinien. S'adressant aux militaires américains, il a lancé : « Ne pointez pas vos armes sur les peuples. N'obéissez pas aux ordres de Trump, obéissez aux ordres de l'humanité ». La réaction de Washington n'a pas tardé. Le département d'Etat a annoncé sur la plateforme X que la décision d'annuler le visa de Petro répondait à ses « actions imprudentes et incitatrices ». La riposte de Bogota De son côté, la diplomatie colombienne a dénoncé « l'utilisation de l'annulation de visas comme arme diplomatique », jugeant cette pratique incompatible avec l'esprit des Nations unies, garantes de la liberté d'expression et de l'indépendance des Etats membres. Le ministère a même suggéré que l'ONU envisage de déplacer son siège dans un pays « totalement neutre », capable de délivrer directement les autorisations d'entrée sur son territoire. La guerre israélienne sur Gaza, qui dure depuis près de deux ans, continue de susciter l'indignation mondiale. Selon les autorités locales, plus de 65 000 personnes ont été tuées dans le territoire assiégé, dont de nombreux enfants, tandis que l'ensemble de la population a été déplacée. Plusieurs experts et institutions des Nations unies qualifient désormais la situation de génocide. Relations bilatérales sous tension L'affaire du visa s'ajoute à une série de différends qui assombrissent les relations entre la Colombie et les Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Plus tôt cette année, Bogota avait refusé d'accueillir des vols de migrants expulsés des Etats-Unis, provoquant des menaces de sanctions commerciales avant qu'un compromis ne soit trouvé. En juillet, les deux pays ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs après que Petro a accusé des responsables américains de préparer un coup d'Etat, une accusation rejetée par Washington. Déjà en 2024, la Colombie avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël et interdit l'exportation de charbon vers ce pays. Cette décision américaine rappelle également un précédent : en 1996, la Maison-Blanche avait annulé le visa du président Ernesto Samper à la suite du scandale dit « Proceso 8000 », lié au financement de sa campagne par le cartel de Cali. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!