Le président américain Donald Trump a autorisé samedi le déploiement de 300 soldats de la Garde nationale à Chicago, malgré l'opposition réitérée des autorités locales. L'annonce, qui intervient après plusieurs semaines de menaces de recours à la force fédérale, a été justifiée par la Maison Blanche au nom de la protection des agents et des infrastructures fédérales. « Le président Trump a autorisé le déploiement pour protéger les officiers et les actifs fédéraux », a déclaré la porte-parole Abigail Jackson, assurant que la présidence « ne détournera pas le regard face au désordre dans les villes américaines ». En parallèle, une juge fédérale à Portland (Oregon) a temporairement empêché l'envoi de 200 gardes nationaux dans la ville, le temps d'examiner un recours introduit par l'Etat. La décision de la juge Karen Immergut, nommée durant le premier mandat de Trump, constitue une nouvelle contrariété judiciaire pour la Maison Blanche dans sa volonté d'étendre la présence militaire sur des territoires dirigés par des élus démocrates. Le dossier a d'abord été confié au juge Michael Simon, qui s'est récusé après que l'exécutif a contesté des prises de position publiques de son épouse, élue au Congrès. Le procureur général de l'Oregon, Dan Raifield, a saisi la justice le 28 septembre, au lendemain de l'annonce présidentielle, en demandant à la cour de déclarer illégale la prise de contrôle par Washington d'unités de Garde nationale relevant de la compétence de l'Etat. Selon la requête, l'exécutif fédéral aurait surestimé la menace en s'appuyant sur des images d'émeutes datées de 2020, alors que les rassemblements récents à Portland sont décrits comme "petits et pacifiques", avec 25 arrestations mi-juin et aucune arrestation ces dernières semaines. À Chicago, la montée des tensions a précédé l'arrivée attendue de la Garde nationale. Samedi matin, une unité fédérale d'application de la loi a ouvert le feu sur la conductrice d'un véhicule, affirmant qu'elle était armée et bloquait délibérément leur passage après que la patrouille a été encerclée par une dizaine de voitures. Le Département de la Sécurité intérieure a évoqué des tirs défensifs. L'incident survient dans une métropole traditionnellement démocrate, devenue l'un des nouveaux foyers de confrontation autour de la politique fédérale de durcissement migratoire, après Los Angeles, Washington et Portland. Au-delà du bras de fer institutionnel, l'enjeu est double. D'une part, il porte sur la délimitation des pouvoirs entre la Maison Blanche et les Etats dans la gestion de l'ordre public. D'autre part, il ravive le débat sur l'emploi de forces militaires dans des villes où les exécutifs locaux réclament d'abord des solutions civiles et un dialogue avec les communautés. La décision d'Immergut sur Portland – suspension provisoire – pourrait faire jurisprudence sur la capacité de l'exécutif à déployer, sans accord local, des effectifs relevant habituellement des gouverneurs. La Maison Blanche argue d'une nécessité de protection immédiate, tandis que les autorités de l'Oregon dénoncent une narration alarmiste utilisée pour fédéraliser l'ordre public. À Chicago, le calendrier opérationnel n'a pas été détaillé par la Garde nationale, mais les 300 militaires doivent appuyer la sécurisation de sites et d'agents fédéraux, sans engagement déclaré dans des missions de patrouille générale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!