Exil doré en Russie certes, avec tout ce qu'il pouvait embarquer avec lui (l'argent du pays et celui du trafic de drogue), mais exil aussi dans un pays à problèmes – la Russie -, un pays qui pose des problèmes au voisinage (avec sa guerre en Ukraine) et à toute l'humanité. Personne, encore moins Moscou, ne l'a crié sur les toits, mais l'ex-dirigeant syrien Bachar al-Assad a eu des pépins de santé. Il a même été admis à l'hôpital le 20 septembre dernier, pas après une banale infection, après «un empoisonnement»… Il a débarqué dans un «état critique en soins intensifs», d'après le rapport de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) cité par le journal français « Libération ». Le document dit qu'al-Assad aurait été victime «d'un empoisonnement». Selon la même source, il a pu sortir de l'hôpital 9 jours après son admission. L'information avait été lâchée sur les réseaux sociaux mais n'avait pas été confirmée officiellement. L'ex-président syrien aurait été empoisonné dans un de ses luxueux appartements (il en posséderait une vingtaine) aux abords de la capitale russe, Moscou. Pourtant on nous dit que sa résidence est une vraie forteresse, surveillée jour et nuit par les agents mobilisés par les autorités russes. Alors qui a fait le coup ? Avec tous les ennemis qu'il s'est fait en 24 ans de règne sans partage – plus les 29 ans du papa – il sera très difficile de poser un nom sur le ou les coupables. On sait que l'empoisonnement est une spécialité du régime russe, en témoignent les éliminations physiques des dissidents, dans le pays et aux quatre coins du monde, surtout en Grande-Bretagne… Mais dans cette affaire le Kremlin ne peut pas, logiquement je dis bien, être le responsable, il n'aurait rien à y gagner. Al-Assad est un ami de Poutine, un ami richissime et qui paye ; il est très encombrant certes mais tout de même. Il est très tentant de pointer vers Israël, l'ennemi de toujours des Alaouites. Mais là aussi quel serait le gain, vu qu'al-Assad est définitivement sur la touche et que Benjamin Netanyahu a d'autres combats plus impérieux, dirons-nous ? Idem pour le successeur d'al-Assad à la tête de la Syrie, Ahmed al-Charaa alias Abou Mohammad al-Jolani. Lui aussi a d'autres urgences, même si ça ne lui déplairait pas de faire payer à l'ex-dictateur ses horribles crimes. «Seul celui qui a commis cet acte sait si l'objectif était d'éliminer al-Assad ou d'embarrasser le gouvernement russe», mentionne le rapport de l'OSDH. L'observatoire est d'avis que cet empoisonnement «résulte d'une erreur ou d'un acte délibéré» et avait pour objectif de mouiller la Russie. Moscou n'a pas dit un mot sur cette sombre histoire. On comprend la gêne du Kremlin, toucher à « l'invité » al-Assad c'est écorner la réputation de terreur absolue de son protecteur, Poutine. Très mauvais pour son sinistre « business ».
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!