The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Des bruits, des rumeurs, des supputations et une pression folle – devinez d'où ils viennent -, balayés net par l'un des principaux acteurs de cette affaire, le Nigéria. Non, le géant africain n'a pas enterré le gazoduc transsaharien (TSGP), projet monté avec l'Algérie et le Niger. Rappelons qu'il est prévu d'acheminer le gaz nigérian vers l'Europe à travers le territoire algérien. Le ministre nigérian des Ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, a confirmé que son pays n'a pas bougé d'un iota sur ses intentions… Il a tenu ces propos à la veille du 27e Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), au Qatar. Le TSGP, d'une envergue de 4200 kilomètres, reliera à terme les champs gaziers du Nigéria aux infrastructures algériennes déjà connectées au marché européen. Mais voilà, le projet végétait depuis 2002. Le Maroc en a profité pour mettre sur la table un projet presque similaire, en 2016. Alger a alors accéléré le pas et les trois partenaires ont décaissé une enveloppe de 200 millions de dollars dédiée à l'actualisation des études de faisabilité. Clairement les ambitions marocaines ont sorti ce projet de sa léthargie. C'est le cabinet britannique Penspen, en charge de la première évaluation technique en 2006, qui a raflé ce marché. Au terme d'un entretien à Doha (Qatar) avec le ministre algérien des Hydrocarbures et des mines, Mohamed Arkab, son homologue nigérian a dit de ce gazoduc que c'est un «pilier stratégique pour renforcer l'approvisionnement du marché mondial». Il est d'avis que le TSGP ouvrira la voie à une commercialisation rapide et très rentable du gaz nigérian sur les marchés internationaux… La force de l'Algérie : une infrastructure gazière déjà en place, du solide par rapport aux propositions de Rabat, en plus elle alimente copieusement les pays européens. Le gazoduc reliant le Nigéria, le Maroc et l'Europe ne peut pas en dire autant. C'est un projet qui s'étalera dans le temps, le canal sera plus long et donc plus onéreux, en plus il faudra qu'il traverse 14 pays. Et puis il y a le nerf de la guerre, l'argent. Clairement Rabat ne l'a pas, Alger si. Mais attention, il se dit que les Emirats arabes unis, de solides partenaires du Maroc, pourraient entrer dans la danse. Eux ont les moyens de leurs ambitions, à ajouter au fait que leurs rapports avec l'Algérie sont délétères. Il ne faut pas écarter la possibilité d'un financement émirati pour énerver Alger. Bon, il reste que c'est la voix du Nigéria qui sera décisive et jusqu'ici c'est le transsaharien qui l'enchante le plus. À moins que – pure hypothèse, un peu folle vu le niveau de dépenses – les Nigérians soient suffisamment costauds pour s'embarquer dans les deux projets, pourvu que leurs hydrocarbures inondent le marché mondial. Ce qui est certain c'est que le TSGP tient la corde, dopé par l'appui d'institutions telles que la Banque africaine de développement, la CEDEAO et la Chambre africaine de l'énergie. Sur les 4200 km programmés il reste 1800 km à réaliser dont 700 km en Algérie, 1000 km au Niger et 100 km au Nigéria. Les pourparlers à Doha entre les ministres algérien et nigérian de l'Energie ont permis de marteler les ambitions communes, notamment pour ce qui est de la sécurité énergétique régionale et du partenariat technique. La dynamique chez les partenaires africains et le consensus entre les Etats impliqués pourraient propulser ce projet continental. À condition que la mobilisation autour du TSGP ne faiblisse pas. Le continent a ici une belle carte à jouer dans une conjoncture mondiale marquée par des tensions géopolitiques génératrices d'une instabilité des marchés, obligeant la reconfiguration des alliances énergétiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!