The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Le 12 décembre 2015, à Paris, près de 200 pays se donnaient la main et promettaient de "tenir le réchauffement bien en dessous de 2°C" et, si possible, de le limiter à 1,5°C. C'était historique. Dix ans plus tard, en 2025, les dirigeants se retrouvent à Belém, au Brésil, pour la COP30... avec un constat un peu moins héroïque : le monde a avancé, mais pas assez vite, et la fenêtre pour 1,5°C est en train de se refermer. Ce qu'on avait promis L'Accord de Paris posait deux idées simples : 1. limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C ; 2. faire "tous les efforts" pour rester à 1,5°C. Pourquoi 1,5°C ? Parce qu'au-delà, les impacts deviennent beaucoup plus durs à gérer : vagues de chaleur meurtrières, stress hydrique, disparition d'écosystèmes entiers, montée du niveau des mers plus rapide. En 2015, c'était ambitieux mais encore crédible. Ce que disent les chiffres en 2025 Les dernières analyses présentées avant la COP30 sont assez claires : même si tous les pays tenaient leurs promesses actuelles, on irait quand même vers +2,3 à +2,5°C d'ici la fin du siècle, mieux qu'il y a dix ans (on parlait alors de +3,5°C), mais toujours au-dessus de l'objectif de Paris. Autre point inquiétant : les émissions mondiales de gaz à effet de serre n'ont pas commencé à baisser de façon nette. Elles sont même à un niveau record, environ 53 gigatonnes d'équivalent CO2 par an, soit 65 % de plus qu'en 1990. Tant qu'on brûle charbon, pétrole et gaz au rythme actuel, la température monte — et avec elle les coûts : plus d'inondations, plus d'incendies, plus de pertes économiques (plus de 300 milliards de dollars de dégâts climatiques en un an, selon certaines estimations), et même plus de morts liées à la chaleur. Ce qui a vraiment marché en 10 ans Heureusement, tout n'est pas sombre. S'il y a un domaine où le monde a fait un bond de géant, c'est l'énergie propre. * Les renouvelables ont explosé. La part d'électricité produite à partir du solaire, de l'éolien et d'autres sources renouvelables a plus que triplé depuis 2015. En 2024, environ 40 % de l'électricité mondiale venait de sources bas carbone, et le solaire est devenu l'une des énergies les moins chères de l'histoire. * Le coût a chuté. Installer du solaire ou de l'éolien coûte aujourd'hui bien moins cher qu'en 2015, ce qui a attiré les investissements : l'argent mis dans les énergies propres dépasse désormais largement celui mis dans les fossiles. * Les voitures électriques sont devenues normales. On est passé d'environ 1 % des ventes mondiales en 2015 à près d'un quart aujourd'hui. L'objectif des 100 millions de véhicules électriques sur les routes d'ici 2030 sera probablement atteint avant. * Certains grands émetteurs baissent. L'Union européenne et le Japon, par exemple, émettent un peu moins qu'en 2023, preuve qu'une économie avancée peut commencer à se désaccorder du carbone. Bref : la transition technologique est en marche, plus vite qu'on ne l'imaginait. ... et ce qui coince encore Le problème, c'est que tout ça avance en même temps que le charbon, le pétrole et le gaz. Autrement dit, on ajoute du propre sans enlever assez de sale. * Le charbon, pourtant le plus polluant des fossiles, a atteint un niveau de consommation record ces dernières années. * Les subventions publiques aux énergies fossiles restent énormes — plus de 1 600 milliards de dollars par an. * Huit économies (Chine, Etats-Unis, UE, Inde, Russie, Indonésie, Brésil, Japon) concentrent la majorité des émissions. Si elles n'accélèrent pas, le reste du monde ne rattrapera pas le retard. Et pendant qu'on traîne, des "points de bascule" climatiques commencent à se manifester : blanchissement massif des coraux, pression croissante sur l'Amazonie, océans plus chauds... Ce sont des phénomènes qui, une fois lancés, sont difficiles voire impossibles à inverser. Ce qu'il faudrait faire maintenant Les organisations climatiques et l'ONU répètent la même liste depuis plusieurs années, mais elle reste d'actualité : * diviser très vite l'usage du charbon dans les années 2020 ; * stopper la déforestation (notamment en Amazonie) beaucoup plus rapidement ; * doubler encore le déploiement des renouvelables ; * augmenter de près de 1 000 milliards de dollars par an le financement climat, notamment pour les pays du Sud qui subissent déjà les impacts ; * développer les transports publics dans les villes les plus polluées. Autrement dit : ce n'est pas la technologie qui manque, c'est la vitesse politique. Dix ans après : bilan nuancé On peut donc dire deux choses vraies en même temps : 1. Sans l'Accord de Paris, on serait dans une bien plus mauvaise trajectoire (probablement au-delà de +3°C). 2. Avec ce qu'on fait aujourd'hui, on n'atteindra pas les objectifs de Paris. L'accord de 2015 a fixé une direction, créé un langage commun, fait baisser les coûts des solutions propres. Mais il n'a pas suffi à faire baisser les émissions mondiales. Le vrai test des 10 ans, c'est celui-là. La COP30 à Belém arrive donc à un moment clé : il ne s'agit plus seulement d'annoncer des objectifs pour 2050, mais de montrer comment on baisse vraiment les émissions avant 2030. Parce que le climat ne négocie pas : chaque dixième de degré compte, et chaque année de retard aussi. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. 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