The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Les tensions entre Islamabad et Kaboul ont franchi un seuil critique. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a annoncé une « guerre ouverte » contre le gouvernement afghan, tandis que des avions pakistanais ont mené dans la nuit de vendredi des frappes aériennes visant la capitale Kaboul ainsi que les provinces de Kandahar et de Paktika. Ces bombardements interviennent en réponse à une attaque militaire afghane lancée quelques heures plus tôt contre la zone frontalière entre les deux pays. Islamabad annonce une escalade majeure Sur la plateforme X, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif a déclaré que la patience de son pays était « épuisée » et que le Pakistan allait désormais mener une « guerre ouverte ». Il a affirmé qu'Islamabad avait multiplié les efforts diplomatiques, directement et via des pays amis, afin de préserver une situation normale, mais sans succès. Le responsable pakistanais a également accusé le mouvement taliban d'être devenu « un agent de l'Inde », estimant qu'après le retrait de l'OTAN, il aurait dû se concentrer sur la paix. Selon lui, les talibans auraient transformé l'Afghanistan en « colonie de l'Inde » et « rassemblé des terroristes du monde entier pour exporter le terrorisme ». Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui aussi, affiché une ligne dure, affirmant que les forces pakistanaises étaient capables de « écraser » tout agresseur. Il a déclaré que « la nation tout entière se tient aux côtés des forces armées pakistanaises ». Des frappes aériennes massives revendiquées Le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, a annoncé que des sites militaires appartenant aux talibans afghans à Kaboul, Paktia et Kandahar avaient été ciblés. Selon lui, 27 sites affiliés au mouvement taliban ont été détruits et 9 autres saisis. Islamabad affirme que 133 combattants talibans ont été tués et plus de 200 blessés lors des frappes. Le média officiel pakistanais PTV a précisé que les frappes ont détruit deux quartiers généraux de brigades à Kaboul, un quartier général de corps d'armée et un quartier général de brigade à Kandahar, ainsi qu'un dépôt de munitions et une base logistique dans cette province. Un autre quartier général de corps d'armée aurait été détruit dans la province de Paktika. Kaboul visée en pleine nuit Selon des informations rapportées depuis Kaboul, une violente frappe a touché la capitale à 1h51 du matin, suivie d'une seconde explosion. Des batteries antiaériennes afghanes auraient ouvert le feu après la première frappe et continué à tirer après la seconde. Une source gouvernementale afghane a confirmé qu'une frappe pakistanaise avait visé Kaboul, tandis qu'une autre aurait atteint une base militaire dans la province méridionale de Kandahar. Des avions pakistanais continuaient de survoler le territoire afghan après le bombardement de trois provinces. Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a dénoncé des « frappes aériennes du lâche armée pakistanaise » contre Kaboul, Kandahar et Paktika, tout en affirmant qu'aucune victime n'avait été signalée à ce stade. Il a ajouté que les forces afghanes menaient des attaques en représailles contre des positions militaires pakistanaises dans le sud de l'Afghanistan. Plus tôt, il avait averti que si le Pakistan violait de nouveau l'espace aérien afghan ou ciblait un site, Islamabad serait visée en retour. Riposte afghane le long de la frontière La veille, jeudi, les autorités afghanes avaient annoncé des attaques contre des positions militaires pakistanaises le long de la frontière, en réponse à des frappes pakistanaises menées la semaine précédente. Le bureau médiatique du corps militaire afghan dans la région orientale a évoqué de « violents affrontements » déclenchés en réaction aux frappes aériennes pakistanaises dans les provinces de Nangarhar et de Paktia. Selon une source militaire afghane, 10 soldats pakistanais ont été tués et 13 positions militaires prises lors des combats de jeudi. Les talibans affirment que ces opérations constituaient une riposte aux frappes pakistanaises menées dimanche le long de la ligne Durand. Une relation bilatérale en forte dégradation Les relations entre le Pakistan et l'Afghanistan se sont détériorées ces derniers mois. Les passages frontaliers ont été fermés après des combats survenus en octobre, qui ont fait plus de 70 morts des deux côtés. Malgré plusieurs cycles de négociations, dont un cessez-le-feu initialement médié par le Qatar et la Turquie, les efforts diplomatiques n'ont pas permis de parvenir à un accord durable. Islamabad accuse Kaboul de ne pas agir contre des groupes armés qui lancent des attaques en territoire pakistanais depuis l'Afghanistan, une accusation rejetée par le gouvernement afghan. Une escalade aux conséquences régionales La déclaration de « guerre ouverte » par Islamabad marque un tournant inquiétant. Les frappes aériennes revendiquées et les ripostes afghanes montrent que le conflit est désormais entré dans une phase militaire directe, avec des pertes humaines revendiquées des deux côtés. Dans un contexte régional déjà fragile, cette escalade pourrait avoir des répercussions sécuritaires majeures, non seulement pour les deux pays, mais pour l'ensemble de l'Asie du Sud. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? 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