Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a lâché une alerte sans précédent : le conflit armé en Iran a provoqué la perturbation du marché pétrolier mondial la plus grave jamais documentée par l'institution depuis sa création en 1974. Une déclaration qui résonne comme un séisme dans les salles de marché et les ministères de l'Energie à travers le monde. L'Iran occupe une position stratégique parmi les grands producteurs mondiaux d'hydrocarbures. Membre de l'OPEP, le pays exportait, avant le déclenchement des hostilités, entre 3 et 4 millions de barils par jours un volume qui représente à lui seul plusieurs points de pourcentage de l'offre pétrolière mondiale. L'interruption brutale de ces flux, conjuguée aux tensions sur le détroit d'Ormuz voie de passage obligée pour environ 20% du pétrole mondial a créé un choc d'offre d'une magnitude que les modèles économiques n'avaient pas anticipé à cette échelle. L'AIE parle explicitement d'une « perturbation sans équivalent dans son historique de surveillance », surpassant les chocs pétroliers de 1973, la guerre du Golfe de 1990-1991, ou encore la crise de 2011 en Libye. La gravité du terme employé par une institution aussi prudente dans ses formulations dit tout de la nature systémique de l'événement. Sur les places boursières mondiales, la réaction a été immédiate et violente. Le cours du baril de Brent, la référence internationale a enregistré des hausses à deux chiffres en l'espace de quelques séances, franchissant des niveaux inédits depuis plusieurs années. Le WTI américain a suivi la même trajectoire, entraînant dans son sillage l'ensemble de la chaîne énergétique : gaz naturel, kérosène, fioul domestique. Pour les Etats fortement dépendants des importations pétrolières Europe, Japon, Corée du Sud, Inde la facture énergétique grimpe à une vitesse qui ravive les craintes d'une spirale inflationniste difficilement contrôlable par les banques centrales. L'Union européenne, qui avait déjà subi de plein fouet la crise du gaz en 2022, se retrouve à nouveau en première ligne d'une vulnérabilité structurelle qu'elle peinait déjà à corriger. Face à l'ampleur du choc, l'AIE a convoqué en urgence ses Etats membres et activé le mécanisme de libération collective des réserves stratégiques de pétrole – une procédure utilisée seulement trois fois dans l'histoire de l'organisation : en 1991, en 2005 après l'ouragan Katrina, et en 2022 suite à l'invasion de l'Ukraine. Cette quatrième activation souligne l'exceptionnalité de la situation. Les membres de l'AIE détiennent théoriquement l'équivalent de 90 jours d'importations nettes en stocks d'urgence. La libération d'une partie de ces réserves vise à compenser à court terme la disparition des barils iraniens du marché et à envoyer un signal d'apaisement aux traders. Mais les analystes sont unanimes : ces stocks ont une capacité tampon limitée dans le temps, et sans résolution diplomatique ou militaire rapide du conflit, la pression sur les prix redeviendra structurelle. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!