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Guerre en Iran : la flambée des engrais menace déjà le prix de l'assiette
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026


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Il y a des guerres dont les secousses dépassent très vite les lignes de front. Celle qui touche l'Iran commence désormais à faire pression sur un autre terrain, plus discret mais décisif : celui de l'agriculture mondiale. Car derrière le pétrole, le gaz et les routes maritimes, c'est aussi le prix des engrais qui s'envole, avec un effet en chaîne qui pourrait, à terme, remonter jusqu'au contenu de nos assiettes.
Depuis le début de l'année, les prix des engrais minéraux ont augmenté de 30% à 40%, selon des experts relayés par les agences et les marchés. Sur certains segments, la tension est encore plus forte : Reuters rapporte que l'urée du Moyen-Orient a bondi de plus de 40%, tandis que d'autres marchés ont enregistré des hausses allant jusqu'à 32%. En Ukraine, les prix des engrais ont déjà progressé de 30% à 35%, avec une envolée de 65% pour l'urée depuis janvier.
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Le gaz, nerf invisible de l'agriculture mondiale
Pour comprendre cette flambée, il faut revenir à la racine industrielle du problème. Les engrais azotés dépendent massivement du gaz naturel. L'Agence internationale de l'énergie rappelle que le gaz représente environ 70% de la production mondiale d'ammoniac, qui constitue la base de nombreux engrais minéraux. L'International Fertilizer Association souligne, elle, que la fabrication de l'ammoniac concentre près de 90% de la consommation énergétique du secteur. Lorsque le gaz se tend, l'engrais suit presque mécaniquement.
Ce mécanisme ravive le souvenir de 2022, quand l'envolée des coûts énergétiques avait déjà provoqué une forte hausse des prix agricoles. Aujourd'hui, le marché redoute la répétition du même scénario : une énergie plus chère, des intrants plus coûteux, puis une pression croissante sur les exploitants agricoles et, enfin, sur les prix alimentaires.
Ormuz, ce goulet qui pèse sur les champs du monde
Le deuxième facteur d'angoisse se trouve en mer. Le détroit d'Ormuz reste un passage stratégique pour l'énergie mondiale, mais aussi pour le commerce des engrais. Reuters indique qu'environ un tiers du commerce mondial des engrais transite par cette zone, qui voit également passer près de 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Autrement dit, toute perturbation dans ce corridor maritime fait monter la pression à la fois sur l'énergie, le transport et les intrants agricoles.
Cette dépendance logistique transforme chaque tension régionale en risque global. Même lorsque l'impact immédiat reste limité en Europe grâce à des stocks antérieurs, le simple prolongement du conflit suffit à nourrir l'inquiétude. Les agriculteurs qui n'ont pas sécurisé leurs besoins en avance sont les premiers exposés à ce retour de la volatilité.
Des exploitants de plus en plus pris en étau
Pour les producteurs agricoles, l'équation devient difficile. Les engrais coûtent plus cher, alors que les marges restent déjà sous pression dans de nombreux pays à cause de prix des récoltes parfois insuffisants. Reuters rapporte qu'aux Etats-Unis, plusieurs analystes anticipent déjà un déplacement de certaines surfaces vers le soja, moins gourmand en engrais azotés, au détriment du maïs et du blé de printemps. Quand les choix de culture commencent à changer, c'est que le choc ne relève plus seulement du marché : il touche déjà les décisions de terrain.
Ailleurs, les signes de tension se multiplient. Des usines en Inde, au Bangladesh et en Malaisie ont réduit certaines commandes, ralenti leur activité ou envisagé des arrêts en raison de difficultés d'approvisionnement et de la hausse des coûts. À cela s'ajoute la décision de la Russie de suspendre pendant un mois ses exportations de nitrate d'ammonium, jusqu'au 21 avril 2026, afin de privilégier son marché intérieur. Dans un marché déjà tendu, chaque restriction supplémentaire pèse un peu plus sur l'équilibre mondial.
Le vrai risque : une nouvelle poussée des prix alimentaires
Le sujet dépasse largement la seule filière des intrants. Reuters rappelle qu'environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend des engrais. Si les coûts restent durablement élevés, certains agriculteurs peuvent réduire les doses utilisées, retarder leurs achats ou modifier leurs cultures, avec un impact possible sur les rendements futurs. C'est là que le choc agricole peut devenir un choc alimentaire.
Les régions les plus vulnérables, notamment en Afrique et en Asie, sont particulièrement exposées à ce type de transmission. Car lorsque les coûts de production montent, ce sont souvent les pays les plus dépendants des importations et les plus fragiles budgétairement qui encaissent les effets les plus violents, d'abord pour les agriculteurs, ensuite pour les consommateurs.
Une guerre qui déborde déjà sur l'économie du quotidien
Au fond, ce que révèle cette flambée, c'est l'ampleur réelle des répercussions de la guerre. Le conflit ne menace pas seulement les équilibres géopolitiques ou les marchés pétroliers. Il commence aussi à renchérir le coût de produire, de semer, de fertiliser, puis, potentiellement, de nourrir. L'agriculture mondiale entre ainsi dans une nouvelle zone de tension, où le gaz, la logistique et la géopolitique se mêlent pour fragiliser un maillon essentiel de la sécurité alimentaire.
Ainsi, pour l'instant, l'Europe amortit partiellement le choc grâce à des stocks antérieurs. Mais le signal envoyé par les marchés est déjà clair : la guerre en Iran remet sous pression l'économie mondiale des engrais et réactive le spectre d'une hausse plus large des coûts agricoles. Ce qui se joue n'est pas seulement une crise d'approvisionnement. C'est peut-être le début d'une nouvelle chaîne inflationniste, partant du gaz, passant par les champs, et finissant à table.
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