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Par Hadi Sraïeb – Zoom sur la précarité : Une priorité dans les priorités des semaines à venir !
Publié dans Tunisie Numérique le 04 - 04 - 2020

La communication du Premier Ministre a, de toute évidence, rasséréné une opinion sidérée et passablement sous le choc. Un propos mesuré, empreint d'humilité, répondant sans détour aux questions complexes qui lui étaient adressées. Un tour d'horizon lucide sur l'ensemble des interrogations ayant trait à la propagation de la pandémie et à ses multiples conséquences directes comme indirectes. Epaulé par un conseil scientifique et un gouvernement resserré, le chef du gouvernement semble tabler sur un scénario médian, ni excessivement optimiste, ni outrageusement pessimiste. Une forte impression de maîtrise et d'anticipation se dégage de ses réponses toujours étayées de faits ou d'hypothèses plausibles. Une revue de détails, somme toute, non exhaustive mais qui rassure dans cette période de profonde incertitude.
S'agissant de la cinétique de la pandémie, le chef du gouvernement assure que les mesures de confinement et de distanciation sociale devraient permettre d'éviter la submersion de l'appareil sanitaire. Un système sanitaire d'autant mieux armé et réactif qu'il disposerait de l'ensemble des moyens techniques et humains adéquat pour faire face à la vague montante de l'épidémie. Il n'y a pas lieu d'épiloguer, ici sur la disponibilité réelle ou présumée (flux + stock de réserve) des diverses composantes d'équipements et de consommables, comme de celle des personnels soignants et de santé et de leur rotation efficiente, toutes choses nécessaires à la prise en charge des patients au fil du temps. Il en va de même de l'approvisionnement et l'acheminement des produits de première nécessité. L'Etat et ses administrations, -assure le premier ministre-, ont pris les choses en mains, pour peu que la population se conforme aux dispositions arrêtées et fasse preuve de solidarité active en toute circonstance. Il restera à observer dans les prochaines semaines si toute la stratégie poursuivie en matière sanitaire n'est pas dictée par de strictes considérations de pénurie !
Le scénario médian table donc sur une période estimée comprise en 8 et 12 semaines, à la fin de laquelle se mettrait progressivement en place une stratégie prudente de « dé-confinement ».
S'agissant des aspects scolaires et universitaires, le chef du gouvernement oscille entre la possibilité de la tenue effective des examens ou d'une validation de l'année par un calcul des notes des contrôles continus ! La circonspection est de mise, car nul ne maîtrise tous les paramètres liés à la propagation ! Toutefois on peut affirmer d'ores et déjà que l'école à la maison est une nouvelle source d'inégalité sociale !
Plus préoccupante est l'approche mise en œuvre s'agissant des effets économiques et sociaux multiples mais différenciés selon les activités et les diverses couches sociales. A la suite des propos tenus par le Ministre des Finances, le chef du gouvernement confirme, une nouvelle fois avec simplicité et réserve, que l'Etat met en œuvre tous les leviers disponibles pour atténuer et circonscrire les dommages que va occasionner cette pandémie. Il évoque les diverses ressources mobilisables, notamment « l'aide » internationale, le Trésor Public et la CDC, estimées autour de 2,5 Milliards de DT.
Un montant qui aurait deux destinations principales, autre que le renforcement des moyens alloués au secteur sanitaire (300 MDT). D'un côté, l'accompagnement des entreprises sous la forme de soutiens divers afin de couvrir leur rupture de trésorerie et de fonds de roulement à court terme (mais au cas par cas).
De l'autre, l'assurance d'une rétribution adéquate pour l'ensemble des salariés du privé (négociée avec les entreprises), et plus spécifiquement la garantie d'un revenu minimum de 200 DT pour les couches et personnes les plus défavorisées (620.000 + 130.000 retraités). Cela correspond d'emblée à 160 M DT.
Dans l'état actuel des informations partielles et imprécises fournies par le gouvernement concernant le soutien à l'activité économique privée, il est difficile d'apprécier l'ampleur des efforts consentis en vue de sauvegarder l'outil de production et de service, et préserver du mieux possible les collectifs de travail. L'essentiel devrait être pris en charge par le système bancaire (moratoire, rééchelonnement, délai de grâce, garantie de l'Etat, bonification d'intérêt) et la CDC (recapitalisation, quasi fonds propres), d'une part, et par le ministère des affaires sociales et la CNSS (prise en charge des indigents, du chômage partiel ou total des salariés, des professionnels non-salariés). Resterait encore et cependant à connaitre les procédures administratives d'accès précises qui seront mises en œuvre et singulièrement les conditions d'éligibilité.
Il convient de souligner à ce stade que l'arsenal des dispositions arrêtées, ne concerne pour l'instant que les activités formelles et les emplois déclarés. Or, dans ce contexte de confinement et d'état d'urgence, il y a tout lieu de présumer un rétrécissement notable de l'informel et de ses emplois.
Il conviendrait de prendre en compte la disparition de ces emplois rétribués non déclarés au même titre que ceux de tous les professionnels de microentreprises et autoentrepreneurs (artisans, commerçants) estimés autour de 400.000. (Soit, un budget de 80 M DT). Mais alors combien sont ces vendeurs à la sauvette et leurs pourvoyeurs, les guetteurs-passeurs-transporteurs en tous genres, les coursiers, les tâcherons, les apprentis, les manœuvres, les journaliers, qui tous vont perdre, à des degrés divers, leur rétribution et vont basculer dans la « trappe à extrême précarité » ? Rappelons à toutes fins utiles que cette précarité peut se définir en toute première approximation, comme la perte de toute perspective immédiate de devenir matériel (survie sans connaissance de quoi sera fait le lendemain) ! Trivialement : « pas d'argent demain ! »
Pour l'heure nous ne disposons que de très peu d'études (CRES-INS-BM-ITCEQ-FTDES) sur le sujet. Des études le plus souvent succinctes et partiellement actualisées. L'imprécision conduit à user d'une fourchette de valeurs situant cette population non déclarée et non couverte entre 2.2 et 2.4 millions « actifs précaires », dont seule la partie émergée et identifiée sera soulagée, autour du million dans le meilleur des cas.
C'est considérable : plus du quart de la population active (OIT) sans revenus ! Cette population constitue, à vrai dire, une véritable « bombe à retardement ». Mais alors comment l'identifier et lui porter secours ?
Pour l'heure, les prédispositions retenues semblent s'orienter vers une prise en charge du chômage partiel des contractualisés (également au cas par cas). Une notion qu'il convient de ne pas confondre avec celle de « chômage technique » qui implique un arrêt total d'activité et de possibles licenciements collectifs (Hôtellerie-restauration, BTP, Tunisair, CTN, diverses activités de sous-traitance, etc.).
Comme on le voit et en dépit de la bonne volonté apparente, de trop nombreuses zones d'ombre demeurent.
La menace d'asphyxie de l'économie, y compris dans ses formes informelles, risque d'attiser les colères sociales des « exclus » au-delà de la seule pauvreté et de déboucher sur des convulsions quasi-incontrôlables.
Si véritablement rien n'est fait en direction de ces « laissés-pour-compte », ce dont nous pouvons être sûrs est que ce confinement doublé d'un état d'urgence se transformera en un exhausteur-amplificateur des inégalités existantes ! La paix sociale ne sera préservée qu'au prix d'un effort quasi prométhéen de la puissance publique et qui plus est sur la durée !
A bon entendeur !!!
Hadi Sraïeb Docteur d'Etat en économie du développement
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