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Tunisie – Le pourquoi de la pénurie de carburants
Publié dans Tunisie Numérique le 03 - 07 - 2022

Le pays connait, incontestablement, un problème de disponibilité de carburants, notamment et plus spécialement de l'essence sans plomb. Il y a eu un mouvement de panique au début, quand cette histoire a été fuitée. Mais, par la suite, les choses se sont tassées, moyennant un effort assez particulier, voire kamikaze, de la part de l'Etat. Kamikaze, dans la mesure où il a sérieusement entamé ses stocks stratégiques qui ont fondu d'un stock de 3 mois à deux semaines. Et encore. Il faudrait savoir que les besoins en carburant du pays sont calculés, par les experts hyper-compétents du gouvernement, sur la base de ceux de l'année dernière. Année très particulière du fait de la pandémie du covid qui a paralysé tous les déplacements, ce qui s'est traduit par une diminution drastique de la consommation des carburants. Sauf pour le gasoil, puisque les véhicules utilitaires ont, tout de même continué à fonctionner malgré la pandémie. Cette base de calcul fait que les stocks calculés pour deux semaines suffisent à peine, à couvrir huit jours.
Et cette crise est, bien évidemment en rapport direct avec le manque de finances dont se plaint le pays. Ce qui en a fait un pays qui n'est plus solvable pour les fournisseurs du monde entier, qui, depuis la dernière dévaluation de sa note souveraine du pays, refusent de livrer quoi que ce soit à la Tunisie, à moins d'être payés à l'avance. Et ceci est, est, bien sûr, valable pour les fournisseurs de la STIR. Ce qui a poussé cette entreprise à contracter un crédit auprès des banques publiques, pour pouvoir passer sa dernière commande. La STIR est, donc, obligée de demander des crédits, alors même, que l'Etat tunisien lui doit une somme de plus de 6 milliards de DT d'impayés.
Du coup, la crise des carburants est bel et bien là, et s'il n'y a pas, à proprement parler de pénurie, il n'en demeure pas moins que la situation est critique et limite.
Et pour revenir à l'origine du problème, on ne répétera jamais assez que la responsabilité en incombe au gouvernement qui n'a pas réussi, durant tous les derniers mois à remettre en branle la création des richesses, et a laissé tomber les petites et moyennes entreprises, seules habilitées à le faire, dans les conditions actuelles. Et, maintenant que la plupart des PME ont mis la clé sous la porte, l'Etat ne dispose plus d'aucun moyen de créer les richesses. Et il se contente d'emprunter à droite et à gauche, quand il ne se rabat pas sur le contribuable, pour lui arracher les quelques sous avec les quels il essaie de gérer sa misère !
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