DUBAI (TAP) - Le principal groupe de l'opposition chiite de Bahreïn a décidé dimanche de se retirer du dialogue national entamé début juillet, estimant qu'il n'apporterait pas de solution politique à la crise où est plongé ce royaume gouverné par une dynastie sunnite. "L'exécutif du Wefaq a décidé que le mouvement devait se retirer du dialogue national et la décision doit être entérinée lundi par son organe consultatif (la Choura)", a déclaré Khalil al-Marzouq, chef de la délégation du groupe à ce dialogue. Selon M. Marzouq, le Wefaq a décidé en conséquence de ne pas assister à la séance du dialogue prévue dimanche soir à Manama. Dans un communiqué, le mouvement chiite a justifié sa décision par le fait que ce dialogue "n'aboutira pas à une solution politique radicale de la crise à Bahreïn mais qu'il compliquera au contraire cette crise politique". Le mouvement a souligné qu'il était "largement sous-représenté et marginalisé dans ce dialogue (...) dont les résultats sont déterminés d'avance", ajoutant qu'il ne voulait pas apparaître comme partie prenante d'un dialogue "dont les résultats pourraient être éloignés de la volonté populaire". Le Wefaq avait décidé à la dernière minute et malgré ses réticences de participer à ce dialogue encouragé par la communauté internationale dont les Etats-Unis qui utilisent Bahreïn comme base pour leur Ve Flotte. Le dialogue avait démarré le 2 juillet et doit tenter de parvenir à une réconciliation nationale dans le petit royaume, après la répression musclée en mars de la protestation menée essentiellement par les chiites contre la dynastie des Al-Khalifa qui contrôle les postes clés du pouvoir. La répression du mouvement de protestation avait fait 24 morts, selon les autorités, tandis que quatre manifestants ont depuis perdu la vie en détention. Quelque 300 participants, censés représenter l'ensemble de la société, prennent part à ce dialogue dont les sessions tenues trois fois par semaine s'articulent autour de quatre thèmes: politique, social, économique et libertés publiques. Le Wefaq avait déjà décidé le 7 juillet de boycotter les réunions des comités économique et social. Vendredi soir, le mouvement chiite avait affirmé avoir réuni 50.000 personnes lors d'un rassemblement près de Manama au cours duquel son chef, cheikh Ali Salmane, a réaffirmé que la formation réclamait "une réforme radicale portant sur un gouvernement élu par la volonté du peuple et une assemblée qui aurait les pleins pouvoirs législatifs".