La Banque centrale de Tunisie a annoncé une réduction de 50 points de base de son taux directeur, le faisant passer de 7,5 % à 7 % à partir du 7 janvier 2026. Cette décision est considérée comme positive par l'économiste Ridha Chkoundali, mais jugée tardive et insuffisante pour relancer la croissance économique. Consommation privée et investissements Selon Chkoundali, le principal moteur de l'économie tunisienne reste la consommation privée, tandis que l'investissement et les exportations stagnent. Malgré cette baisse, le taux directeur tunisien reste élevé après celui de l'Egypte, freinant l'investissement. Marge entre taux directeur et inflation La Banque centrale dispose d'une marge confortable entre le taux directeur et le taux d'inflation estimé à 4,9 %, garantissant que le taux réel reste positif et que les ménages ne sont pas poussés à emprunter excessivement. Double mesure et politique inéquitable Chkoundali dénonce une politique restrictive pour les ménages et permissive pour l'Etat, qui bénéficie de prêts à taux zéro pour financer la consommation, alors que les familles paient des taux élevés. Cependant, la majorité des prêts aux ménages concernent le logement, considéré comme un investissement. Limites de la politique monétaire La politique monétaire seule ne peut pas contrôler l'inflation. Une coordination avec l'Etat est nécessaire pour stimuler l'offre, réduire les obstacles administratifs et soutenir l'investissement. L'inflation résulte également de la faiblesse de l'offre, de la pression fiscale et des contraintes administratives. Effets attendus de la baisse La baisse du taux directeur devrait réduire les mensualités des prêts à taux variable et le coût du financement pour les investisseurs, stimulant certains projets privés. Néanmoins, la Tunisie reste parmi les pays arabes aux taux directeurs les plus élevés, et des réductions supplémentaires ainsi que des réformes structurelles sont indispensables pour soutenir l'investissement et contrôler l'inflation.