À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), Sabria Ferikha, présidente de la section de Sfax de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), a révélé des chiffres effrayants sur le phénomène de la violence électronique en Tunisie, indiquant que 60% des femmes ont subi au moins une forme d'agression numérique au cours de leur vie. Cartographie de la violence numérique : Chiffres et typologies Lors d'une rencontre intellectuelle intitulée « La violence électronique contre les femmes et les filles : impacts et moyens de lutte », les formes d'agression les plus répandues ont été présentées : -Le cyber-harcèlement :En tête de liste avec 31%. -La traque et la surveillance électronique (Stalking) :En deuxième position avec 24%. -Autres cas :Répartis entre menaces, diffamation et chantage. Selon les données de l'Institut National de la Statistique (Enquête nationale 2022), 14,4% de l'ensemble des cas de violence contre les femmes en Tunisie se produisent désormais dans l'espace numérique. Les catégories les plus ciblées Mme Ferikha a souligné que la violence numérique n'est pas aléatoire, mais cible particulièrement les femmes ayant une visibilité publique ou un rôle de leadership, notamment : -Les journalistes. -Les femmes politiques. -Les activistes de la société civile. -Les créatrices de contenu. Lacunes juridiques : Le défi des textes appliqués Sur le plan juridique, l'avocate Hamida Chaieb a pointé une problématique majeure dans le traitement judiciaire de ces affaires : -La réalité actuelle :Les tribunaux se basent souvent sur le Code pénal et le Code des télécommunications. -L'exigence juridique :Me Chaieb a appelé à l'activation impérative de la Loi n°58 de l'année 2017 (relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes), car elle constitue le cadre légal le plus adéquat pour définir les sanctions dissuasives contre ce type de crimes.