Ce titre n'est pas une hypothèse de travail encore moins de la provocation. C'est une réalité. «Le cadre réglementaire propice pour le développement du e-commerce a été mis au point, reste que nous n'avons pas à ce jour remarqué un enclenchement réel de cette activité dans notre pays», a récemment déclaré Ridha Ben Mosbah, le ministre du Commerce et l'Artisanat. Ce constat est d'autant plus amer quand on a en tête les perspectives que représente ce secteur. Selon Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, le commerce électronique a généré 12% du chiffre d'affaires des entreprises européennes en 2008 et est un des rares secteurs en croissance en 2009. Avec 400 sites web de e-commerce en ligne cette année, comment expliquer que le e-commerce tunisien soit constitué à 98% par des inscriptions universitaires ? Bon nombre d'aspects doivent être abordés et nous nous restreignons au domaine de vente B2C. Tout d'abord au niveau du consommateur qui est maintenant facilement connecté, il apparaît demandeur et le deviendra de plus en plus (vu le développement de l'ADSL), mais peu confiant face aux sites de e-commerce. Concernant le paiement, même réticence pour le paiement par carte bancaire (et peu de personnes en détiennent, du reste), et son micro-moyen, le e-dinar est jugé fastidieux quant à la longueur de sa procédure d'obtention. Vous l'avez compris, la communication et le développement autour de solutions de paiement électronique sécurisées est un axe à suivre. Du point de vue de l'entreprise maintenant, plusieurs questions demeurent. Existe-t-il une réelle conscience des opportunités et des avantages de ce secteur ? S'investissent-elles réellement en ce sens ? Pourquoi de nouveaux acteurs ne se positionnent-ils pas pour garantir des moyens de livraison et de suivi efficaces ? En tous cas, il semble évident que si les entreprises tunisiennes ne s'engagent pas volontairement sur l'e-terrain, ce service restera un fabuleux potentiel inexploité. Alors, à quand nos achats de billets de concert et de stade, livres, magazines, CD, vidéos, logiciels, vêtements, produits touristiques, ou paniers de courses sur internet ?