L'ancien ministre de l'Economie et des Finances, Hakim Ben Hammouda, est revenu, mardi 26 janvier 2021, sur le remaniement ministériel opéré par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi. Invité de Boubaker Ben Akacha dans l'émission Midi Show sur Mosaïque FM, il a déploré l'absence de réactivité de la part de Hichem Mechichi au sujet des soupçons de corruption qui planent sur quelques-uns des noms proposés dans le cadre du remaniement ministériel.
Il a indiqué que le locataire de la Kasbah aurait dû donner l'occasion à d'autres personnalités et retirer ceux soupçonnés de corruption jusqu'à ce que la justice dise son mot les concernant. Hakim Ben Hammouda a ajouté, dans ce sens, qu'il aurait préféré que Hichem Mechichi consulte et le ministère de l'Intérieur et l'Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) avant de se prononcer sur la nouvelle composition de son gouvernement.
Interpellé sur la « feuille de route » présentée par Hichem Mechichi lors de son intervention au Parlement à l'occasion de la plénière du vote de confiance aux nouveaux membres du gouvernement, l'économiste a regretté l'obstination des politiques à avancer des solutions archaïques pour répondre aux nouveaux problèmes et défis auxquels fait face la Tunisie. A lire également L'essentiel du discours de Hichem Mechichi
Il a souligné que les récents mouvements de protestations étaient, d'ailleurs, la preuve de l'échec de ces politiques qu'on n'arrête d'exhumer depuis 2015.
Hakim Ben Hamouda est, également, revenu sur la réunion du Conseil de sécurité nationale présidée, lundi 25 janvier 2021, par le président de la République, Kaïs Saïed, en présence du chef du gouvernement, Hichem Mechichi, et du président du Parlement, Rached Ghannouchi. Il a qualifié de « malheureux » le conflit prononcé entre la présidence de la République d'un côté et la présidence du gouvernement et la présidence du Parlement de l'autre. A lire également Conflit ouvert entre Kaïs Saïed et Hichem Mechichi : qui a tort, qui a raison ?
L'économiste a estimé qu'en ces temps de crise, les trois présidences auraient dû faire preuve de tact et dépasser les conflits qui les opposent en tant qu'institutions de l'Etat pour se tourner vers ce qui préoccupe le peuple en proie à la peur et la misère aggravée du fait de la pandémie Covid-19. La réunion du Conseil de sécurité nationale s'est tenue sous haute tension. Le président de la République a estimé le remaniement opéré par Hichem Mechichi « inconstitutionnel », car non-conforme aux dispositions de l'article 92 de la Constitution. Hakim Ben Hamouda a, par ailleurs, noté que ce conflit entre les trois présidences était le fruit du régime politique – avec lequel on devrait rompre définitivement – et la loi électorale.
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