Habib Touhami: Quand le Plan s'appelait Tas'mim تَصْمِيم    Pourquoi le bulletin n°3 est retardé ? Le ministre répond    Intempéries en Tunisie : alerte maximale et vigilance sur les routes    Goethe-Institut Tunis propose le cycle de projections Filmklub Sandra Hüller en lumière    Université de Tunis El Manar : n°1 en Tunisie dans le classement UniRanks 2026    Bac 2026 : les épreuves du Bac Sport se déroulent du 13 au 25 avril, 151 720 candidats au baccalauréat concernés    Les œuvres en XR présentes à Gabès Cinéma Fen 2026 à travers l'aventure immersive Oasis XR    Arabie saoudite : restrictions renforcées d'accès à La Mecque avant le Hajj    Bac 2026 en Tunisie : voici le calendrier complet des examens    Tunisie : comment modifier les données de la carte d'identité ?    Tunisie : prêts sans intérêt jusqu'à 10 000 dinars, inscriptions ouvertes    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Le ciel va s'éteindre en plein jour... une éclipse exceptionnelle attendue en 2026    Autoroute A1 : trafic perturbé à Nabeul après la reprise des travaux    Etats-Unis : rappel strict sur le respect des lois pour les visiteurs    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    La caille domestique: Un grand potentiel nutritionnel et économique peu exploité    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    IA et innovation : vers une transformation à impact réel selon Philip Morris International    Lotfi Chedly - Sadok Belaïd: Un professeur, un modèle...un ami    Prix des billets, dates, vente officielle : le guide complet du Mondial 2026    Le Marché de l'agriculteur à Tunis les jeudis et vendredis pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens    Météo en Tunisie : températures en hausse    Le Pr Slim Laghmani poursuit ses entretiens à New York, en soutien de sa candidature au poste de juge au Tribunal international du droit de la mer    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    L'hérédité et le destin: la part du biologique et la part du social    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    Voici le programme de la Ligue 1 aujourd'hui... deux duels à ne pas rater !    Bonne nouvelle pour les diplômés chômeurs ? Saïed fait le point    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Stade olympique d'El Menzah : les travaux reprennent enfin fin 2026 !    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Accès gratuit aux musées et sites historiques de Tunisie à l'occasion de la fête des martyrs    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale : Alors que tout change...    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tous les scénarios sont aujourd'hui possibles même les pires !
Publié dans Business News le 07 - 09 - 2021

Lorsque le doute s'installe, c'est toute la machine qui ralentit : on en vient à questionner chaque décision, chaque stratégie, à ressasser en boucle nos appréhensions. Le doute s'auto-alimente et s'amplifie tout seul: on ne sait plus comment s'y prendre, on se met à procrastiner donc à douter davantage …
Sylvaine Pascual
Coach professionnel

Huit semaines sont passées depuis les annonces présidentielles du 25 juillet, l'opinion est de plus en plus divisée. Bien sûr qu'au départ la majorité considérait que les mesures prises par le Président servaient à corriger le cours de la révolution pour faire sortir le pays de ses graves crises actuelles, mais aujourd'hui, deux mois presque que le pays est sans pouvoir parlementaire et sans gouvernement qui sont strictement nécessaires pour une démocratie.
Quarante­­-cinq jours sont passés sans même une feuille de route de sortie de crise, alors que tous les pouvoirs extraordinaires sont à la main du Président seul puisqu'il a gelé les activités du Parlement et démis de leurs fonctions le chef du gouvernement et le ministre de la Défense. C'est le président seul qui se présente en sauveur de la nation et gère les affaires de l'Etat face à un système qui ne porte pas ses fruits. Quarante-cinq jours sont passés et le Président nous conseille de patienter pour "sauver la Tunisie".

Quel avenir pour la démocratie ?
Le blocage du pays est devenu insoutenable, pour ces Tunisiens déjà fatigués par ces élites politiques qui se sont montrées incapables de traduire le projet révolutionnaire de 2011 en changement qui améliore la vie des gens.
Aucune réaction de changement aucune nomination de chef du gouvernement, aucune feuille de route rien ne filtre à Carthage. On tente de deviner ses intentions concernant le choix du gouvernement, mais personne n'a pu percer sa pensée ni lire sur son visage, le moindre signe extérieur d'affirmation ou de négation.

Qu'est-ce cela pourrait signifier ?
Populisme, voilà un mot qui nous semble familier aujourd'hui puisqu'il revient régulièrement ces dernières années pour analyser divers phénomènes politiques et électoraux. Le terme est parfois utilisé comme repoussoir et de manière disqualifiante à l'encontre d'une personnalité politique jugée démagogue ou radicale. Le populisme est également utilisé pour désigner des formations inclassables qui, ses dernières années, sont apparues partout dans le monde et qui une fois au pouvoir, appliquent de suite une politique entièrement populiste.
Ce qui distingue aussi le discours populiste est son rejet du pluralisme et du principe d'alternance qui est au cœur même de l'esprit démocratique.
Les populistes rejettent les intermédiaires entre eux et le peuple. Les partis et les médias forment à leurs yeux un écran qui filtre le message qui représente un danger. Il serait selon eux préférable que personne ne vienne s'interposer entre le dirigeant et le peuple. Les « partis » populistes ne sont pas comme les autres, Ils reposent souvent sur un seul personnage, le politicien populiste. La seule chose qui importe pour « fonder » un tel parti, c'est que le politicien cerne correctement l'unique et authentique volonté du peuple et la mette en application.
Le populiste obtient donc sa popularité à peu de frais en critiquant l'obscur langage des hommes politiques, leur inefficacité et leur lenteur en proclamant la volonté de rendre la politique aux gens ordinaires.
Monsieur le Président permettez mon devoir de parler pour vous dire que ce qu'il manque à la transition, ce n'est pas du temps comme ce que vous essayez de nous faire comprendre. Ce qu'il faut c'est tout simplement une volonté et un savoir-faire pour passer à l'action ! Aujourd'hui, et pour tout vous dire, mes compatriotes redoutent que la transition ne se prolonge inéluctablement.
Le Président s'évertue à changer l'équilibre des pouvoirs et à redéfinir les règles du jeu politique afin qu'il ait le dessus sur toute autre institution, et consolider l'image d'un dirigeant fort capable de gouverner seul sans avoir besoin d'autres institutions. Cette situation a fait du Président un monarque absolu. Il est dans les nuages. Cela est certainement un indicateur pour dire qu'il est peut-être une menace pour la démocratie ?
Nous pensons que cette vision installe un climat néfaste pour notre jeune démocratie, le président veut nous convaincre que tout cela est fait pour éviter le pire mais pour aller où ?
Aujourd'hui, même la communauté internationale juge que pour sortir de la profonde crise sécuritaire, sociale, sanitaire et économique dans laquelle s'enfonce depuis des années notre pays, un rétablissement de l'ordre constitutionnel est indispensable. Il est temps qu'un gouvernement soit formé qu'une feuille de route soit établie. Nous croyons tous que notre pays est dans un moment particulier de son histoire et nous devons aussi en mesurer la gravité. J'ai l'impression que nous sommes en train de mourir de notre sagesse.

Monsieur le Président,
Les mesures du 25 juillet 2021 constituent un tournant aussi important que celui du 14-Janvier. La Tunisie est en train d'écrire une nouvelle page de son histoire, en accueillant un changement politique substantiel, soutenu par une majorité absolue de l'opinion publique nationale. Toutefois, la concentration des pouvoirs entre les mains d'une seule personne est de nature à provoquer le retour à l'autoritarisme et ce prolongement de l'état d'exception pourrait transformer l'Etat de droit en un Etat de police.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.