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L'UGTT face à un régime bicéphale
Publié dans Business News le 13 - 04 - 2022

C'est une périlleuse acrobatie politique et intellectuelle à laquelle s'adonne la plus puissante des organisations nationales du pays, l'UGTT. La problématique n'est pas simple : comment contrer les mesures d'austérité socialement inacceptables prônées par le gouvernement tout en maintenant une relation sans tensions avec le président de la République.
Le gouvernement de Najla Bouden, qui n'a de légitimité que celle transmise par le président de la République, Kaïs Saïed, préconise des mesures comme le gel des salaires de la fonction publique et la levée progressive de la subvention. Il ne faut pas être un génie de politique pour comprendre que ce type de mesures ne peut être accepté par la centrale syndicale qui a tout de suite montré les dents et affirmé qu'elle ne permettrait jamais que cela arrive. Cette position du syndicat a été communiquée à la délégation du FMI qui est venue en Tunisie, ce qui a eu le mérite de déclencher la colère de la cheffe du gouvernement, Najla Bouden d'après les dires de Noureddine Taboubi, secrétaire général de l'organisation.
De l'autre côté, selon l'UGTT, le président de la République, Kaïs Saïed est sur la même longueur d'ondes que la centrale syndicale. Il refuse les mesures impopulaires qui risquent de porter atteinte au pouvoir d'achat, déjà frêle, des couches les plus défavorisées de la société et de la classe moyenne. Par conséquent, le chef de l'Etat est contre les mesures proposées par son propre gouvernement. Ceci est paradoxal à plus d'un titre car ce gouvernement, selon le décret 117 du 22 septembre, est chargé de mettre en application les politiques et les choix opérés par le président de la République, lui-même.

Donc, l'UGTT se trouve aujourd'hui devant un pouvoir bicéphale où le gouvernement tente de passer en force et a été obligé de dialoguer avec l'UGTT sur les mesures proposées au FMI après la fuite de leur document. Tandis que, de l'autre côté, le chef de l'Etat ménage la centrale syndicale et tente de lui offrir des garanties. Toutefois, l'UGTT aussi est obligée de ménager le président de la République et de le suivre dans ses péripéties politiques car il lui faut un interlocuteur. Le syndicat ne peut pas se mettre à dos le gouvernement et le chef de l'Etat en même temps. Par ailleurs, c'est Kaïs Saïed l'unique détenteur de tous les pouvoirs et Noureddine Taboubi sait très bien qu'au gouvernement, il ne fait face qu'à des exécutants. D'ailleurs, il ne s'est pas privé, il y a quelques semaines, de demander que les négociations sur les mesures économiques et sociales se tiennent directement avec le président car il a constaté que la cheffe du gouvernement ne pouvait prendre de décision sans l'aval de Carthage.

L'un des arguments que Kaïs Saïed a largement utilisé pour justifier ses mesures du 25-Juillet était l'impossibilité de gouverner correctement dans un système politique où les prérogatives sont disputées entre la Kasbah et Carthage. Bien qu'il ait pris tous les pouvoirs et bien qu'il ait nommé l'ensemble des membres de son gouvernement, Kaïs Saïed met l'UGTT devant un pouvoir perdu qui dit la chose et son contraire et qui donne l'impression de souffler le chaud et le froid pour gagner du temps. Il est tout à fait improbable que la cheffe du gouvernement, Najla Bouden, ait pris toute seule l'initiative de concevoir un ensemble de mesures économiques impopulaires pour obtenir l'aide du FMI sans en informer le président de la République. Donc, Kaïs Saïed ne peut, en aucun cas, se ranger du côté de l'UGTT contre son gouvernement. Sauf si le chef de l'Etat lui-même ne comprend pas les implications économiques et sociales de telles mesures, ce qui est probable vu sa méconnaissance totale de la chose économique. Ou bien Kaïs Saïed tente de gagner du temps pour au moins impliquer suffisamment l'UGTT dans le cheminement politique qu'il a tracé. Mais cette dernière option suppose une grande naïveté politique de la part de l'UGTT, ce qui n'est évidemment pas le cas. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'il faut lire le coup de frein de l'UGTT quand ses principaux dirigeants déclarent à l'unisson que le dialogue national n'a pas commencé, contrairement à ce qu'avait affirmé le chef de l'Etat.

Maintenant, la grande question qui se pose est de savoir comment le FMI va réagir à cela. L'institution de Bretton Woods demande à ce que les principaux intervenants soient d'accord, par écrit, sur un plan de réformes à lui soumettre, ce qui implique l'Etat, l'UGTT et l'Utica, au minimum. Le FMI se trouve aujourd'hui devant un pouvoir où la cheffe du gouvernement dit la chose et le chef de l'Etat son contraire, devant une centrale syndicale récalcitrante qui estime que le dialogue politique avec le chef de l'Etat n'a pas commencé, et que le dialogue social avec le gouvernement n'existe pas, notamment à cause de la circulaire N°20. Ce sont loin d'être les conditions idéales pour aider la Tunisie en lui fournissant l'appui budgétaire qu'elle réclame. Nous sommes également très loin d'une sacro-sainte unité nationale qui nous permettrait d'affronter les problèmes du pays. Nous en sommes encore à parler de consultation nationale et de rédaction de constitution.

L'acrobatie à laquelle s'adonne l'UGTT actuellement ne peut pas durer indéfiniment. Il faudra bien, un jour, faire porter la responsabilité politique des actes de ce gouvernement à celui qui l'a désigné, à savoir le président de la République. Les fanatisés du président pourront s'en donner à cœur joie et attaquer la centrale syndicale comme ils avaient déjà commencé à le faire il y a quelques semaines, avant que le chef de l'Etat ne reçoive le bureau exécutif. Même si ces pratiques sont basses et que l'UGTT reste l'un des derniers bastions d'un peuple qui n'arrive plus à se nourrir, la centrale syndicale finira quand même par payer le prix de sa nonchalance, voire de sa complicité, dans la prise de pouvoir de Kaïs Saïed.


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