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Un président qui n'aime pas la farine
Publié dans Business News le 20 - 09 - 2023

Si le président Kaïs Saïed a une qualité, ce serait celle de détester les laudateurs et les flatteurs. Il a montré cela à au moins deux reprises : la première consiste en son intervention à Kairouan et à Sidi Ali Ben Aoun pour faire enlever des portraits géants à son effigie, la deuxième c'est la critique acerbe qu'il a adressé à une directrice de la BNA qui tentait de noyer le poisson en lui parlant de sociétés communautaires alors qu'il critiquait leur inaction contre la corruption.

Il faut dire qu'il y en a des légions de ces laudateurs et de ces flagorneurs prêts à tout pour s'accrocher à leurs postes et pour préserver leurs privilèges. Il y en a même qui méritent une certain admiration pour le talent qu'il a fallu déployer pour surfer sur les vagues Ennahdha, Nidaa et maintenant Kaïs Saïed tout en restant en place. Il s'agit également d'un stratagème qui a montré son efficacité pour cacher les défauts et l'incompétence. Bien souvent, les décisionnaires de ce pays ont préféré l'allégeance et la flagornerie à la compétence et au courage à tel point que c'est devenu une règle dans les administrations et un critère de nomination à certains postes. Le Président dit vouloir couper court à ces pratiques, mais comme il l'a lui-même fait…
Toutefois, rares sont les fois où le pouvoir œuvre pour créer cette bande de flatteurs. Ils s'agglutinent autour du pouvoir et de ses représentants puis rivalisent de créativité et d'originalité pour tenter de s'attirer les bonnes grâces du chef de l'Etat. Dans cette logique, on a vu un homme politique composer des vers à la gloire de Kaïs Saïed. D'autres parlent de lui comme un messie venu sauver la Tunisie du marasme. Ils s'accordent tous à déifier le président et à considérer qu'il ne se trompe jamais, quelles que soient les énormités qu'il peut commettre. De l'autre côté, Kaïs Saïed n'a cure des gesticulations de ceux qui clament le soutenir, en particulier celles des partis politiques regroupés sous la houlette du « soutien critique ». Leurs propositions et leurs revendications ne trouvent aucun écho dans la politique du président de la République, et pourtant ces partis continuent de soutenir la politique du chef de l'Etat. D'autres mouvements font même dans le folklorique. A l'occasion de la coupure générale d'électricité survenue dans la nuit du 19 au 20 septembre, le représentant d'un mouvement affilié au 25-juillet écrivait que nous étions prêts à nous éclairer à la bougie et qu'on ne retournerait pas en arrière. Il adressait son message à un obscur interlocuteur qui serait donc responsable de cette coupure et qui voudrait porter ainsi préjudice au pouvoir en place.
Il faut dire aussi que ces laudateurs se retrouvent aujourd'hui dans une configuration qui leur est bien connue. Celle où il y a un seul décideur au palais de Carthage et où le pouvoir est personnifié, même si le président de la République s'en défend. Ainsi, ceux qui pratiquaient la flatterie du temps de Ben Ali retrouvent leurs vieux réflexes et tentent de se mettre en avant espérant un regard de Carthage. Evidemment, cela donne bien souvent un excès de zèle qui finalement porte préjudice au régime en lui-même. Un chroniqueur affirmait mordicus que la mouvance sioniste, responsable de la dénomination de la tempête Daniel selon le chef de l'Etat, était également infiltrée au sein de l'administration tunisienne et que c'est à cause de cela que le pays n'avance pas au rythme souhaité. Certains n'ont pas froid aux yeux en faisant de telles affirmations, et c'est bien à l'audace que l'on reconnait les laudateurs les plus impliqués dans leur tâche.
Outre certains personnages publics qui ont une certaine visibilité, d'autres de ces flagorneurs se cachent dans les différents rouages de l'administration tunisienne. Ces petits tacticiens des différents régimes, qui ne rataient pas une prière en 2013, qui étaient nostalgiques du RCD avec Béji Caïd Essebsi et qui s'égosillent aujourd'hui à parler de décennie noire. Des petits profiteurs qui s'acclimatent à toutes les situations et qui sont capables des pires bassesses pour se faire bien voir par les décideurs dans l'objectif de grimper un petit échelon, ou de dégoter une autorisation. Il y en a toujours eu dans l'administration et dans tous les ministères, et il y en aura toujours.
Le président de la République, Kaïs Saïed, est insensible à la flatterie. Quand il a évoqué le 20-heures de la télévision nationale, il a dit qu'il ne voulait pas qu'on le glorifie mais plutôt de dépeindre la réalité. Mais quelle réalité ? La sienne évidemment. Le président ne cherche pas la flatterie, mais il cherche plutôt l'adhésion sans conditions à son projet et à ce qu'il déclame. Il pense être enrôlé dans une guerre de libération nationale, ce qui fait de ceux qui n'y adhérent pas, des traitres. C'est bien plus dangereux.


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