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Le régime de Kaïs Saïed rend Ayachi Zammel éligible
Publié dans Business News le 18 - 09 - 2024

La persécution de Ayachi Zammel se poursuit. Incarcéré, balloté d'un interrogatoire à un autre, noyé dans plusieurs affaires judiciaires montées de toutes pièces, transporté dans des conditions dégradantes à travers les quatre coins du territoire de la République, le candidat à la présidentielle n'a pas pu mener sa campagne. C'est son rival Kaïs Saïed qui la mène à sa place au risque de le rendre sympathique aux yeux du public.

Il y a à peine trois mois, le nom de Ayachi Zammel était totalement inconnu du grand public. Arrivé sur le tard dans la politique, en tant que député de Tahya Tounes (2019-2021), cet homme d'affaires rural originaire de Mansoura (délégation de Kesra, gouvernorat de Siliana) est né en 1977 et s'avère être un vrai téméraire.
Deux semaines après la diffusion de sa vidéo manifeste de campagne pour la présidentielle du 6 octobre, il a été arrêté puis incarcéré. Ce 2 septembre est un vrai tournant pour le candidat, mais également pour la campagne présidentielle du 6 octobre qui ne ressemble décidément à aucune autre. Le régime de Kaïs Saïed, lui-même candidat à sa propre réélection, n'entend pas laisser Ayachi Zammel mener sa campagne comme tout candidat à la présidentielle aspirerait à le faire.
À son arrestation, les instructeurs de la garde nationale de Tebourba accusent le candidat d'avoir falsifié des parrainages de citoyens qui, disent-ils, n'auraient pas signé le formulaire de parrainage de sa candidature. CQFD. Trois jours après, le 5 septembre, un juge du tribunal de première instance de Tunis 2 constate la légèreté et le manque de preuves de l'accusation et décide sa libération. Cela ne plaît nullement au pouvoir en place qui l'arrête de nouveau, le jour même, et l'accuse de nouvelles falsifications de parrainages dans d'autres régions. Quant à la présidente du tribunal de Manouba qui l'a libéré, elle a été mutée 72 heures après.

Depuis, Ayachi Zammel est trimballé d'un poste de police à un poste de garde nationale avec des mandats de dépôt à la clé. Et, toujours, les mêmes accusations de falsification de parrainages. Des membres de son équipe de campagne sont également arrêtés.
Au lieu de couvrir le territoire avec des meetings électoraux, le candidat a parcouru, malgré lui, des milliers de kilomètres pour visiter les bureaux d'instructions. Hardi à l'excès, il a refusé de lâcher prise et d'abdiquer. Il lui suffisait, peut-être, de dire qu'il se retire de la présidentielle pour qu'il soit libéré. Son équipe de campagne dénonce une torture morale et physique. Et il y a de quoi, car il est clair, pour plusieurs cas, que les accusations sont fallacieuses, montées de toutes pièces. Les accusateurs semblent, dans d'autres cas, avoir été intimidés et se seraient rétractés en niant avoir signé le formulaire de parrainage. Un cas qui illustre bien la situation, une citoyenne a nié dans son accusation avoir signé le formulaire en question, mais elle était incapable de prouver qu'elle ait signé quoi que ce soit. Les expertises techniques montrent qu'elle n'a jamais reçu de SMS de l'instance électorale prouvant son parrainage. Une autre illustration, révélée hier, il est interrogé par une brigade de la garde nationale de Kairouan alors qu'il n'a jamais présenté des parrainages de cette région.
Peu importe la légèreté des accusations et l'absence de preuves de l'implication réelle du candidat, peu importe la présomption d'innocence et la sacro-sainte règle universelle que la détention est l'exception et la liberté la règle, Ayachi Zammel est maintenu prisonnier.
Commentant sa journée du mardi 17 septembre, son avocat dénonce carrément une persécution. Son transport dans des conditions difficiles, dans une même journée, entre les différents tribunaux et commissariats a de quoi être éreintant, surtout quand on sait qu'il n'avait droit qu'à de l'eau !

Du côté de la campagne de Kaïs Saïed, les choses semblent bien plus faciles. Les autorités sont moins regardantes quant à ses supposées infractions et délits électoraux.
Le 19 juillet 2024, il a annoncé sa candidature depuis l'extrême sud du pays en utilisant les moyens de transport et de communication de la présidence de la République. L'instance électorale n'a rien vu.
En 2019, pour sa campagne, il aurait commis des infractions, selon le rapport final de la cour des comptes. Aucun tribunal ne l'a interrogé à ce jour, bien que d'autres candidats ont déjà été traduits, jugés et emprisonnés pour les mêmes délits de 2019.
Mardi 17 septembre, des citoyens de Mahdia affirment avoir parrainé Kaïs Saïed à leur insu. C'est-à-dire exactement la même accusation touchant Ayachi Zammel. Aucune instruction visant le candidat-président à notre connaissance.

Cette politique du deux poids deux mesures, la mutation de la présidente du tribunal de Manouba, les intimidations ciblant les citoyens ne sont pas passées inaperçues. Loin s'en faut.
Plutôt que d'éliminer de la course le rival qui dérange, le régime de Kaïs Saïed a travaillé son image. Les médias (privés) ne ratent pratiquement jamais les mésaventures judiciaires de Ayachi Zammel.
Devant une certaine opinion publique, le quadragénaire néophyte politique, est devenu le candidat pour qui l'on doit voter. Par défaut pour les uns, par empathie ou sympathie pour les autres.
Sans le vouloir, Ayachi Zammel a réussi à obtenir ainsi le soutien des extrêmes, allant des islamistes aux destouriens dont les candidats ont été éliminés par l'instance électorale. Un large pan des progressistes et des laïcs ne cache pas, non plus, sa volonté de voter pour lui, au vu de l'acharnement du régime à son encontre.
Si l'on ajoute à toutes ces dérives politico-judiciaires, l'acharnement de l'instance électorale pour rejeter les décisions du tribunal administratif de réintégrer trois candidats à la course présidentielle (un destourien et deux islamistes), l'opinion publique nationale et internationale n'a plus de doute sur l'intégrité de la présidentielle du 6 octobre.
Kaïs Saïed a beau croire qu'il est populaire, l'acharnement de son régime contre ses rivaux ne sert nullement sa cause devant un large pan des citoyens. Il les a rendus victimes d'injustices.
Avec le rejet des candidatures de Imed Daïmi, Mondher Zenaidi et Abdellatif El Mekki, il ne reste que Zouhaïer Maghzaoui et Ayachi Zammel comme alternative pour ceux qui ne veulent plus de Kaïs Saïed. Ménagé totalement par le pouvoir, sans réelle popularité sur le terrain, les chances de M. Maghzaoui semblent très faibles. Par défaut ou par choix, M. Zammel devient du coup, l'unique alternative pour un pan de la population. On pourrait mesurer sa réelle ampleur le 6 octobre, si jamais d'ici là le pouvoir de Kaïs Saïed ne trouve pas un prétexte solide pour l'éliminer.


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