L'affaire du bachelier Mohamed Abidi, privé d'accès aux facultés de médecine et de pharmacie lors de l'orientation universitaire, continue de faire parler d'elle. Après la publication Facebook du jeune homme dénonçant la situation, plusieurs autres bacheliers se sont manifestés pour dénoncer ce qu'ils qualifient de scandale. Face à la multiplication des témoignages, la question de l'orientation universitaire est devenue hautement polémique. Certains pointent un dysfonctionnement technique, d'autres évoquent même la possibilité d'une cyberattaque ou d'un piratage des données. D'après les informations de Business News, le ministère a contacté le bachelier Mohamed Abidi et ils lui ont promis une réorientation. De son côté, la députée Rim Maachaoui, a indiqué avoir contacté le ministre de l'Enseignement supérieur, Mondher Belaid. Ce dernier a assuré que douze cas font actuellement l'objet d'une enquête.
Mohamed Abidi avait publié, le 1er août 2025, un texte affirmant avoir été orienté vers une université qu'il n'avait jamais demandée, et qui ne figurait même pas sur sa fiche de vœux. Il a exprimé sa colère et sa stupéfaction : malgré une moyenne de 18 au baccalauréat, il n'a pas été accepté dans les facultés de médecine ou de pharmacie. Il explique avoir contacté le ministère de l'Education, qui s'est contenté de lui répondre que « le système ne pouvait pas se tromper » et qu'il pouvait toujours demander une réorientation. La publication de Mohamed Abidi a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. De nombreux internautes ont exprimé leur solidarité, estimant que cette situation risquait de compromettre l'avenir d'un jeune homme brillant. Mais ce que personne n'avait anticipé, c'est que d'autres élèves se trouvaient dans la même situation. En partageant son expérience, Mohamed Abidi a en réalité levé le voile sur une faille du système d'orientation universitaire qui dépasse son seul cas.
Maram Khmis, par exemple, a raconté avoir été choquée de découvrir son orientation vers la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Kairouan, pour étudier la philosophie. La jeune fille a publié sa fiche de vœux, démontrant qu'elle n'avait jamais demandé ce parcours. Elle affirme que ses choix ont été modifiés sur le site d'orientation universitaire, sans qu'elle en soit informée. Elle demande l'ouverture d'une enquête et affirme avoir recensé sept autres cas similaires.
Nour Swiffi a, elle aussi, connu une mésaventure comparable. Selon une publication Facebook, elle a été orientée contre son gré vers la section d'anthropologie de l'Institut supérieur des arts et métiers de Tataouine. Elle écrit : « Je suis l'une des élèves ayant fait l'objet d'une injustice… J'attendais avec impatience le jour de l'annonce des résultats, en espérant intégrer l'une des facultés que j'avais placées en tête de liste… En consultant le site, j'ai découvert que mes choix avaient été modifiés… Sans que j'en sois informée, exactement comme ce qui est arrivé à sept autres élèves du Kef. Je demande aux autorités l'ouverture d'une enquête. »
Autre cas cité : celui de Jinen Abidi. Elle explique avoir rempli sa fiche de manière à intégrer une licence en sciences économiques. Or, à sa grande surprise, elle a été orientée vers une licence en musique à l'Institut supérieur des arts et métiers de Gabès. Elle affirme n'avoir jamais formulé ce vœu. En consultant le site, elle a découvert que sa fiche avait également été modifiée sans son consentement. « Cela soulève de nombreuses interrogations sur une éventuelle panne du système ou une manipulation portant atteinte à la crédibilité de l'orientation… Je demande au ministère de l'Education d'ouvrir une enquête en urgence… J'invite toute personne ayant vécu une expérience similaire à faire entendre sa voix pour une orientation juste », a-t-elle écrit sur son profil Facebook.