L'ancien ministre, Mohamed Abbou, est revenu sur la question du chômage et du recrutement des diplômés chômeurs, estimant que le sujet a souvent fait l'objet de subterfuges destinés à diffuser de faux espoirs et à calmer temporairement la situation. Dans une publication Facebook du 28 août 2025 intitulée « Vendre du rêve aux chômeurs, le remède au populisme et aux duperies », Mohamed Abbou a dénoncé la manière dont plusieurs gouvernements ont manipulé cette problématique. Selon lui, certains responsables ont volontairement avancé des contre-vérités et formulé des promesses inapplicables. Il a notamment évoqué la loi 38/2020, présentée par un gouvernement démissionnaire et restée inappliquée. D'après Abbou, des politiciens, des journalistes, des activistes et même des « Facebookeurs » ont exercé des pressions pour régulariser la situation des chômeurs. L'ancien ministre estime que la question a été traitée davantage pour plaire au public que dans le but de trouver des solutions concrètes. Il a affirmé que le président de la République, Kaïs Saïed, a lui aussi opté, depuis le 25 juillet 2021, pour des solutions irréalistes, allant jusqu'à exagérer dans ses promesses, alors même que les moyens de l'Etat ne permettent pas de recruter tous les chômeurs ni tous les diplômés. « Le dossier des faux diplômes, par exemple, a servi de calmant face aux douleurs des diplômés chômeurs… Un calmant qui a suscité de faux espoirs de création d'emplois après le licenciement de milliers d'employés… Pourtant, malgré la mobilisation d'importants moyens pour les mécanismes d'inspection et de contrôle et l'élaboration de rapports sur la question, aucun document n'a été publié. Aucun chiffre précis n'a été communiqué sur le nombre de faux diplômes, si ce n'est un seul, qui, s'il s'avère exact, concernerait essentiellement des diplômes de lycées privés, d'écoles de formation professionnelle ou encore quelques cas de fraude liés au recrutement », a-t-il souligné.
M. Abbou a rappelé que certains gouvernements ont attendu la fin de leur mandat pour s'engager sur la régularisation de cette situation, laissant à leurs successeurs la charge de l'exécution. Il a dénoncé des ministres incapables de mettre en œuvre ces engagements, mais qui, une fois hors du pouvoir, n'hésitaient pas à critiquer leurs successeurs. « Certains ministres s'engagent auprès des délégations de chômeurs à les recruter afin d'éviter la pression et de gagner en popularité, puis renvoient la balle à la présidence du gouvernement et au ministère des Finances », a-t-il écrit. L'ancien ministre considère que propager de faux espoirs constitue un péché, révélateur d'un manque d'humanisme dans le traitement de la question des diplômés chômeurs. Cela ne doit pas servir de levier pour gagner en popularité ou atteindre des objectifs politiques. Il a appelé à l'adoption de véritables solutions, loin du populisme et des promesses sans résultat. Enfin, Abbou a souligné que la lutte contre le chômage dépend d'un climat général favorable, avec un environnement des affaires propice à l'investissement privé, à l'entrepreneuriat et à la création de richesse, en parallèle avec des recrutements rationnels dans la fonction publique, fondés sur les véritables besoins de l'administration.