L'Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a exprimé, mardi 24 septembre 2025, sa « vive inquiétude » face aux agressions répétées visant la flottille internationale pour Gaza. Selon un communiqué publié hier, plusieurs navires humanitaires auraient été pris pour cible en haute mer par des drones larguant des grenades défensives, assourdissantes ainsi que des substances chimiques non identifiées. Ces attaques s'inscrivent dans la continuité d'incidents similaires survenus récemment au port de Sidi Bou Saïd. Au-delà de ces violences physiques, l'Ordre relève également une offensive médiatique menée par les autorités israéliennes. Celles-ci ont publié un communiqué accusant faussement la flottille de comportements non pacifiques et diffusé des photos de militants maghrébins en les présentant comme liés au mouvement Hamas. Pour l'organisation professionnelle, cette opération de communication constitue une « menace directe et grave », susceptible d'exposer ces volontaires à des représailles, voire à des attaques ciblées.
Face à cette situation, l'Onat affirme son soutien « absolu et inconditionnel » aux membres de la flottille et salue leur engagement « courageux » en faveur du droit du peuple palestinien. L'Ordre insiste sur le fait que ces attaques ne représentent pas seulement une atteinte à des individus mais constituent également « une violation flagrante du droit international humanitaire et du droit international public ». À ce titre, il rappelle que les Conventions de Genève de 1949, le Protocole additionnel ainsi que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 interdisent de tels actes. Le ciblage d'un navire civil à vocation humanitaire pourrait même être qualifié de crime de guerre au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Dans ce contexte, l'Ordre des avocats appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les ordres d'avocats à intervenir sans délai. L'objectif, souligne-t-il, est de garantir la protection de la flottille et de mettre fin à un blocus qu'il qualifie de « crime collectif » contre plus de deux millions de civils à Gaza. L'Onat va plus loin en pointant la responsabilité directe d'Israël mais aussi celle des Etats-Unis, considérés comme le principal soutien politique et militaire de Tel-Aviv. Toute atteinte à la sécurité des militants ou toute violation des droits fondamentaux du peuple palestinien engage ainsi, selon l'Ordre, la responsabilité conjointe de ces deux acteurs. Enfin, la profession d'avocat en Tunisie réaffirme son attachement indéfectible à la cause palestinienne. Elle rappelle que son objectif ultime reste la reconnaissance du droit à l'autodétermination, la fin de l'occupation et l'établissement d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale.