The liveblog has ended. No liveblog updates yet. À l'aube du 22 juin 2025, des bombardiers furtifs américains B-2 Spirit ont largué un barrage de bombes pénétrantes GBU-57 contre l'installation nucléaire iranienne de Fordo, enfouie profondément dans un massif calcaire. Il s'agissait de la première utilisation opérationnelle de cette arme extrêmement lourde, après des années d'essais et de développement. Chaque bombe pèse près de 13 tonnes, mais malgré leur puissance brute, les fortifications naturelles entourant Fordo ont résisté à une destruction totale. Alors que le président Donald Trump et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth ont assuré que les infrastructures iraniennes avaient été « totalement détruites », les évaluations préliminaires de la Defense Intelligence Agency (DIA) racontent une autre histoire : les frappes ont infligé des dommages sévères, mais n'ont pas éliminé le programme, provoquant un retard de quelques mois seulement. Quelques jours plus tard, l'administration Trump a déclaré devant le Conseil de sécurité que l'attaque avait « affaibli » le programme nucléaire iranien, adoptant une formulation nettement plus prudente que les annonces initiales. Un succès tactique... mais un test opérationnel peu convaincant Des images montrant d'immenses cratères à Fordo et Natanz ont circulé quelques heures après l'opération, immédiatement suivies par des révélations sur un projet déjà en cours à Washington : le Next Generation Penetrator (NGP), futur remplaçant de la GBU-57. Ce timing a été perçu comme un aveu implicite : malgré sa masse et sa capacité théorique à traverser d'importantes couches de roche, la GBU-57 n'a pas livré la performance décisive attendue contre un site montagneux profondément enterré. Selon plusieurs rapports, atteindre un point sensible unique dans Fordo a nécessité six frappes successives sur les mêmes coordonnées. Les premières bombes ont retiré les couches supérieures de roche et de béton, permettant aux suivantes de s'enfoncer progressivement jusqu'au cœur du site. Cette séquence a mis en lumière les limites d'une arme colossale mais non illimitée, et la vulnérabilité des Etats-Unis face à des infrastructures protégées par la géologie elle-même. Pourquoi la GBU-57 atteint ses limites ? La GBU-57 repose sur deux atouts majeurs : – un guidage mixte INS/GPS, garantissant une trajectoire précise même vers un tunnel ou une dalle enterrée ; – un corps en acier ultra-durci, capable de supporter un impact violent avant d'exploser en profondeur. Une charge intelligente retarde l'explosion de quelques fractions de seconde, afin de provoquer une déflagration interne générant une onde sismique capable de fracturer les structures souterraines. Selon les estimations publiques, une GBU-57 peut pénétrer : – jusqu'à 18 mètres de béton armé, – ou environ 60 mètres de roche calcaire ou de terre densifiée. Mais au-delà de 70 à 80 mètres de profondeur, comme c'est le cas de certaines parties de Fordo, la bombe perd une part de son efficacité, d'où la nécessité de tirs répétés sur le même point. De la puissance brute à la puissance "intelligente" : naissance d'une nouvelle génération d'armes Les limites observées lors de l'attaque ont remis au premier plan un programme déjà lancé un an plus tôt : le Next Generation Penetrator, censé offrir une alternative plus légère, plus rapide et plus précise. La nouvelle bombe devrait : – peser moins de 10 tonnes (soit 25 % de moins que la GBU-57), – être compatible avec la nouvelle B-21 Raider, – pouvoir être embarquée sur des avions plus petits, – et potentiellement intégrer un moteur fusée pour un lancement à très longue distance. L'objectif n'est plus seulement de percer grâce au poids, mais d'introduire une ingénierie de pénétration plus fine, fondée sur la vitesse, l'aérodynamisme, la précision et la résistance. Selon la société américaine ARA, chargée du développement, le NGP sera « une arme entièrement nouvelle », combinant pénétration profonde, forte puissance interne et fragmentation optimisée pour s'attaquer aux formations rocheuses les plus denses. Les premiers essais, miniatures puis en taille réelle, sont prévus sur 18 à 24 mois. Boeing, partenaire du projet, développe un nouveau système de guidage autonome destiné à fonctionner même en cas de brouillage complet du GPS, une capacité cruciale en cas de confrontation contre une puissance dotée de moyens avancés de guerre électronique. Pourquoi maintenant ? Le "bouclier géologique" des adversaires des Etats-Unis Le retour en force des programmes de pénétration profonde n'est pas lié à l'Iran seul. La plupart des adversaires stratégiques des Etats-Unis ont compris que descendre sous terre constitue le moyen le plus efficace de neutraliser une supériorité aérienne américaine écrasante. Plusieurs exemples illustrent cette tendance : – Corée du Nord : un véritable Etat souterrain, avec tunnels, bases de missiles et bunkers dépassant 100 mètres de profondeur. – Chine : le fameux "Muraille souterraine" — un réseau de milliers de kilomètres d'infrastructures souterraines dédiées au déploiement discret de forces nucléaires. – Russie : héritière de gigantesques complexes stratégiques, comme Yamanatau ou Kosvinsky Kamen, conçus pour résister à des frappes nucléaires. Face à cette militarisation des profondeurs, Washington semble déterminée à rétablir la crédibilité de son arsenal pénétrant en développant un système capable de briser le sentiment d'impunité géologique. Vers une course aux armes... sous la terre Le développement d'une nouvelle génération de bombes pénetrantes pourrait enclencher une dynamique inverse : – si les Etats-Unis produisent des munitions capables de frapper plus profondément, – leurs adversaires chercheront à enterrer davantage leurs installations, – ouvrant la voie à un nouveau type de course aux armements, souterraine, silencieuse et sans fin clairement définie. Plus qu'une simple avancée technologique, la future bombe américaine représente une réécriture de la doctrine de dissuasion : dans un monde où la profondeur devient un rempart, la capacité à atteindre les centres vitaux enfouis devient une arme stratégique en soi. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? 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