La journaliste Chadha Hadj Mbarek, incarcérée depuis 797 jours et récemment transférée à la prison de Belli, a adressé, jeudi 25 septembre 2025, un message poignant dans lequel elle dénonce une détention qu'elle qualifie d'injuste et annonce avoir entamé une grève de la faim et de la soif de trois jours. Selon son témoignage, relayé à l'issue d'une visite en détention, elle proteste contre l'absence de date pour l'audience d'appel dans son dossier, alors que plus de sept mois se sont écoulés depuis le jugement de première instance la condamnant à cinq ans de prison. Elle affirme que lors de ce procès, aucune question en rapport avec les accusations portées contre elle ne lui a été posée, malgré les efforts déployés par son équipe de défense pour établir son innocence. Chadha Hadj Mbarek précise avoir saisi la Cour d'appel de Tunis, les tribunaux de première instance de Tunis et de Sousse, le ministère public ainsi que le président de la République, sans obtenir de réponse. « Je suis convaincue d'être ciblée avant même d'être accusée », écrit-elle. La journaliste évoque également une agression en détention, survenue il y a plusieurs mois, qui lui a causé une blessure persistante à la main droite et qui l'empêche désormais d'écrire normalement. Une plainte a été déposée mais, selon elle, n'a donné lieu à aucune suite. De même, une autre plainte déposée en février 2025 contre une personne l'ayant diffamée et incité publiquement à la haine serait restée sans réaction des autorités compétentes.
Face à ce qu'elle considère comme une accumulation d'injustices, elle affirme avoir atteint les limites de sa résistance et décidé de recourir à une grève de la faim totale, malgré les risques graves que cela fait peser sur sa santé fragile. Dans son message, Chadha Hadj Mbarek en appelle à toutes les organisations et aux défenseurs des droits humains, en particulier au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), afin qu'ils assument leurs responsabilités et soutiennent sa cause. « J'ai atteint les limites de la patience dans un corps déjà brisé par la maladie et l'emprisonnement », a-t-elle déclaré, avant d'éclater en sanglots et d'interrompre la communication. Pour rappel, la journaliste Chadha Hadj Mbarek est détenue depuis octobre 2021. Elle a été libérée le 19 juin 2023 et arrêtée de nouveau le 22 juillet 2023. La journaliste a été accusée de complot contre la sûreté de l'Etat, d'attentat à l'ordre public et d'offense au président de la République. Le 5 février 2025, la deuxième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis l'a condamnée à cinq ans dans l'affaire Instalingo, en raison de son travail au sein de la société de production médiatique. La condamnation avait suscité la colère et l'indignation d'une grande partie des journalistes, des militants, des politiciens et des défenseurs des droits de l'Homme.